Novels-bmb-39 has run 2,500 Facebook and Instagram ads tracked since Jan 26, 2026, with 0 active right now. Their latest ad launched on Feb 17, 2026.

Novels-bmb-39

Novels-bmb-39

✈ TravelBook
Meta Ad Library
Ads in library
2,500
Active now
0
Video ads
8
among ads with previews
First ad seen
Jan 26, 2026
285 days of history
Page likes
3
Countries
Not shown

Ad launches by month

New ads started in each of the last 12 months

0
Dec
716
Jan
1784
Feb
0
Mar
0
Apr
0
May
0
Jun
0
Jul
0
Aug
0
Sep
0
Oct
0
Nov

Top countries

Where these ads were targeted

Not enough data yet.

Creative formats

Video9

Calls to action

Learn more9

Landing domains

page.joyreadland.com9

Latest Novels-bmb-39 ads

2,500 ads tracked since Jan 26, 2026

Novels-bmb-39
Novels-bmb-39
+1
Inactive3 days
page.joyreadland.com
📚《D'Ă©pouse rĂ©pudiĂ©e Ă  reine》Tous les chapitres gratuitement
Learn more

Chapitre 1 C’est fini Le premier amour de Tyrone Winter, la femme avec qui il avait rompu six ans plus tĂŽt et qu’il n’avait jamais vraiment oubliĂ©e, revint sans prĂ©venir. Et Zera Caldwell ne revint pas seule. Elle avait avec elle un fils de cinq ans. Depuis un mois, Tyrone se rĂ©fugiait derriĂšre des voyages d’affaires, multipliant les dĂ©placements, faisant tout ce qu’il pouvait pour Ă©viter de rentrer chez lui. Ce soir-lĂ  aurait dĂ» ĂȘtre spĂ©cial, leur troisiĂšme anniversaire de mariage. Aella Reid avait dressĂ© la table pour un dĂźner aux chandelles. Elle avait emballĂ© un cadeau. Elle lui avait mĂȘme envoyĂ© un message WhatsApp. À vingt-et-une heures, il n’était toujours pas lĂ . À la place, son tĂ©lĂ©phone vibra. Un appel de sa belle-sƓur, Raine Winter. Sa voix Ă©tait tendue. — Regarde le message que je t’ai envoyĂ©. Aella raccrocha et ouvrit leur conversation. Un seul regard suffit. Son sourire se figea. L’assiette qu’elle tenait glissa de ses doigts et explosa contre le sol. Des Ă©clats de porcelaine lui entaillĂšrent la cheville, traçant de fines lignes rouges sur sa peau. Elle ne broncha pas. Raine lui avait envoyĂ© des captures d’écran d’une publication privĂ©e Instagram de Tyrone. Il avait privatisĂ© toute la Bayline Marina. Sur les photos, il Ă©tait lĂ , avec Zera et son fils, cĂ©lĂ©brant l’anniversaire du petit sous un ciel saturĂ© de feux d’artifice. Aella se pencha, ramassa son tĂ©lĂ©phone et fit dĂ©filer les images une Ă  une, la plage, le yacht, les feux d’artifice, les roses. Puis elle le vit. Tyrone, tenant un petit garçon d’un bras. De l’autre main, celle oĂč brillait encore leur alliance, il enserrait la taille d’une autre femme avec une possessivitĂ© sans Ă©quivoque. Le tableau romantique parfait. La lĂ©gende disait : — Un gĂąteau aux myrtilles que j’ai fait moi-mĂȘme, pour ceux que j’aime le plus. MĂȘme Ă  travers l’écran, cette affection avait quelque chose d’oppressant. L’esprit d’Aella se vida. Elle ne pensait plus. Elle ne respirait plus. Ses mains tremblaient lorsqu’elle ouvrit le profil de Tyrone. Rien. Vide. Elle ouvrit la bouche, mais pendant une longue minute, aucun son n’en sortit. À un moment donnĂ©, il avait masquĂ© toutes ses publications pour elle. C’est Ă  cet instant prĂ©cis que le dernier fragment fragile d’espoir qu’elle nourrissait encore se brisa. MalgrĂ© tout, elle refusa d’abandonner. Elle l’appela. Une fois. Deux fois. À la troisiĂšme tentative, il raccrocha. Puis un unique message s’afficha : — OccupĂ©. Court. Froid. Sans appel. L’impuissance, la colĂšre, la jalousie, le chagrin, tout se noua en elle, la dĂ©chirant de l’intĂ©rieur. Aella s’effondra au sol, agrippant sa tĂȘte, cherchant dĂ©sespĂ©rĂ©ment de l’air. Sa poitrine lui donnait l’impression de se fendre en deux. Elle s’arracha une poignĂ©e de cheveux et cria jusqu’à se brĂ»ler la gorge, avant de s’effondrer en sanglots muets. On frappa Ă  la porte. Elle se força Ă  se relever et ouvrit. Raine se figea. — Aella, ça va ? Des larmes striaient le visage d’Aella. Elle se contenta de secouer la tĂȘte. La mĂąchoire de Raine se crispa. — On y va. On va le trouver, tout de suite. Aella dĂ©glutit et rassembla ce qu’il lui restait de calme. — Non. Je vais gĂ©rer Tyrone moi-mĂȘme. Sa mĂšre venait de subir un pontage et se trouvait encore Ă  l’hĂŽpital. Elle n’avait pas le droit de s’écrouler maintenant. Raine repartit Ă  l’aube. Aella erra dans la villa comme un fantĂŽme, traversant les piĂšces sans vraiment les voir. Elle et Tyrone avaient Ă©tĂ© des amoureux d’enfance. Tout le monde savait qu’elle l’aimait depuis qu’ils Ă©taient enfants. Tout le monde savait aussi que Tyrone n’avait jamais cessĂ© d’aimer quelqu’un d’autre. Il ne l’avait pas Ă©pousĂ©e par amour. Leur mariage Ă©tait un arrangement entre familles. MalgrĂ© tout, aprĂšs trois ans, Aella avait cru que peut-ĂȘtre, si elle aimait assez fort, il finirait par changer, qu’elle parviendrait Ă  rĂ©chauffer son cƓur. À la place de l’amour, elle venait de dĂ©couvrir la preuve de ses retrouvailles grandioses avec son ancienne flamme. Son amour d’enfance, celui avec lequel elle avait grandi, vingt-cinq ans de sa vie, tout venait de partir en fumĂ©e. C’était fini. Elle savait exactement quoi faire ensuite. Mais son cƓur lui faisait si mal que respirer devenait douloureux. La douleur donnait l’impression de la scinder en deux. Insupportable. 
 Cette nuit-lĂ , Tyrone ne rentra toujours pas. Les trois jours suivants, Aella resta Ă  l’hĂŽpital, Ă  veiller sur sa mĂšre, Miriam Reid. Pendant tout ce temps, Tyrone n’appela jamais. Pas mĂȘme un message. Lorsque l’état de sa mĂšre se stabilisa enfin, son pĂšre, Warren, l’exhorta Ă  rentrer chez elle pour se reposer. Tard dans la nuit, Ă  moitiĂ© endormie, Aella entendit la porte de la chambre grincer. De l’eau Ă©claboussa dans la salle de bain. Puis le matelas s’enfonça Ă  cĂŽtĂ© d’elle, et une lĂ©gĂšre odeur de gel douche masculin se rĂ©pandit dans l’air. Avant mĂȘme qu’elle ait le temps de rĂ©agir, elle se trouvait dĂ©jĂ  dans les bras de Tyrone. AprĂšs plus d’un mois, il avait enfin dĂ©cidĂ© de rentrer. Elle ne pouvait qu’imaginer Ă  quel point il avait dĂ» ĂȘtre heureux, avec eux. Sentant son corps se raidir, Tyrone sut qu’elle Ă©tait rĂ©veillĂ©e. Son bras se resserra autour de sa taille, la tirant plus prĂšs de lui. Ses lĂšvres frĂŽlĂšrent son cou, chaudes, insistantes. Sous la couverture, sa main glissa plus bas, tirant lĂ©gĂšrement sur la bretelle de son pyjama. En trois ans de mariage, c’était la seule fois oĂč Tyrone semblait doux. Avec elle, cela ne se passait jamais ailleurs qu’au lit. Et Ă  chaque fois, Aella s’était menti Ă  elle-mĂȘme, se rĂ©pĂ©tant que sa passion signifiait l’amour. Instinctivement, elle attrapa sa main. Pour la premiĂšre fois, elle murmura : — Non. Sa voix Ă©tait Ă©raillĂ©e par les pleurs, mais Ă  ses oreilles, cela sonnait comme du dĂ©sir. Ses baisers s’approfondirent. Il connaissait son corps trop bien, chaque contact calculĂ©, chaque geste maĂźtrisĂ©. Elle ne pouvait pas lutter. Juste au moment oĂč elle allait cĂ©der, son esprit fut envahi par une sĂ©rie d’images. Des feux d’artifice, des roses, un yacht, la plage. La main de Tyrone, celle qui portait son alliance, posĂ©e sur la taille d’une autre femme. Cette lĂ©gende : Pour ceux que j’aime le plus. L’estomac d’Aella se souleva. Elle le repoussa brutalement, roula au bord du lit et eut un haut-le-cƓur. La lumiĂšre s’alluma. L’air de la chambre changea, brusquement, tranchant, glacĂ©. Tyrone se leva et lui frotta doucement le dos. — Tu es malade ? Aella le repoussa et tituba jusqu’à la salle de bain. Elle n’était pas malade, simplement nausĂ©euse. Tyrone fronça les sourcils en la regardant partir, puis descendit lui chercher de l’eau. Il ne remarqua ni ses yeux gonflĂ©s, ni sa voix rauque, ni la coupure bandĂ©e Ă  sa cheville. Lorsqu’il revint, Aella se hissait dĂ©jĂ  de nouveau sous la couette. Il lui tendit le verre. — Demain, je ferai une rĂ©servation, dit-il d’un ton dĂ©tachĂ©. On se rattrapera pour notre anniversaire. Aucune excuse. Aucun remords. Rien de plus. Aella ignora le verre et remonta la couverture. — Ne te donne pas cette peine. Donc il se souvenait bien de leur troisiĂšme anniversaire. Et pourtant, ce soir-lĂ , il avait quand mĂȘme privatisĂ© une plage entiĂšre pour elle et leur fils, et avait passĂ© la soirĂ©e Ă  regarder des feux d’artifice avec eux. Depuis le jour de leur mariage, Aella avait prĂ©parĂ© chaque repas, maintenu la maison impeccable, sans jamais rien demander. Mais pour cette femme et son enfant, Tyrone avait retroussĂ© ses manches et avait lui-mĂȘme fait un gĂąteau. Il avait trompĂ©. Il avait eu un enfant. Il avait menti. Et malgrĂ© tout, il rentrait, la touchait, lui parlait comme si rien de tout cela n’avait d’importance. Il se tenait lĂ , calme, impassible, feignant que rien ne s’était passĂ©. Pour la premiĂšre fois, Aella vit son mari, l’homme qu’elle avait aimĂ© toute sa vie, pour ce qu’il Ă©tait rĂ©ellement. Un hypocrite. Le silence s’abattit sur la chambre, lourd comme du plomb. Puis le tĂ©lĂ©phone de Tyrone s’alluma sur la table de nuit.

Novels-bmb-39
Novels-bmb-39
+1
Inactive3 days
page.joyreadland.com
📚《D'Ă©pouse rĂ©pudiĂ©e Ă  reine》Tous les chapitres gratuitement
Learn more

Chapitre 1 C’est fini Le premier amour de Tyrone Winter, la femme avec qui il avait rompu six ans plus tĂŽt et qu’il n’avait jamais vraiment oubliĂ©e, revint sans prĂ©venir. Et Zera Caldwell ne revint pas seule. Elle avait avec elle un fils de cinq ans. Depuis un mois, Tyrone se rĂ©fugiait derriĂšre des voyages d’affaires, multipliant les dĂ©placements, faisant tout ce qu’il pouvait pour Ă©viter de rentrer chez lui. Ce soir-lĂ  aurait dĂ» ĂȘtre spĂ©cial, leur troisiĂšme anniversaire de mariage. Aella Reid avait dressĂ© la table pour un dĂźner aux chandelles. Elle avait emballĂ© un cadeau. Elle lui avait mĂȘme envoyĂ© un message WhatsApp. À vingt-et-une heures, il n’était toujours pas lĂ . À la place, son tĂ©lĂ©phone vibra. Un appel de sa belle-sƓur, Raine Winter. Sa voix Ă©tait tendue. — Regarde le message que je t’ai envoyĂ©. Aella raccrocha et ouvrit leur conversation. Un seul regard suffit. Son sourire se figea. L’assiette qu’elle tenait glissa de ses doigts et explosa contre le sol. Des Ă©clats de porcelaine lui entaillĂšrent la cheville, traçant de fines lignes rouges sur sa peau. Elle ne broncha pas. Raine lui avait envoyĂ© des captures d’écran d’une publication privĂ©e Instagram de Tyrone. Il avait privatisĂ© toute la Bayline Marina. Sur les photos, il Ă©tait lĂ , avec Zera et son fils, cĂ©lĂ©brant l’anniversaire du petit sous un ciel saturĂ© de feux d’artifice. Aella se pencha, ramassa son tĂ©lĂ©phone et fit dĂ©filer les images une Ă  une, la plage, le yacht, les feux d’artifice, les roses. Puis elle le vit. Tyrone, tenant un petit garçon d’un bras. De l’autre main, celle oĂč brillait encore leur alliance, il enserrait la taille d’une autre femme avec une possessivitĂ© sans Ă©quivoque. Le tableau romantique parfait. La lĂ©gende disait : — Un gĂąteau aux myrtilles que j’ai fait moi-mĂȘme, pour ceux que j’aime le plus. MĂȘme Ă  travers l’écran, cette affection avait quelque chose d’oppressant. L’esprit d’Aella se vida. Elle ne pensait plus. Elle ne respirait plus. Ses mains tremblaient lorsqu’elle ouvrit le profil de Tyrone. Rien. Vide. Elle ouvrit la bouche, mais pendant une longue minute, aucun son n’en sortit. À un moment donnĂ©, il avait masquĂ© toutes ses publications pour elle. C’est Ă  cet instant prĂ©cis que le dernier fragment fragile d’espoir qu’elle nourrissait encore se brisa. MalgrĂ© tout, elle refusa d’abandonner. Elle l’appela. Une fois. Deux fois. À la troisiĂšme tentative, il raccrocha. Puis un unique message s’afficha : — OccupĂ©. Court. Froid. Sans appel. L’impuissance, la colĂšre, la jalousie, le chagrin, tout se noua en elle, la dĂ©chirant de l’intĂ©rieur. Aella s’effondra au sol, agrippant sa tĂȘte, cherchant dĂ©sespĂ©rĂ©ment de l’air. Sa poitrine lui donnait l’impression de se fendre en deux. Elle s’arracha une poignĂ©e de cheveux et cria jusqu’à se brĂ»ler la gorge, avant de s’effondrer en sanglots muets. On frappa Ă  la porte. Elle se força Ă  se relever et ouvrit. Raine se figea. — Aella, ça va ? Des larmes striaient le visage d’Aella. Elle se contenta de secouer la tĂȘte. La mĂąchoire de Raine se crispa. — On y va. On va le trouver, tout de suite. Aella dĂ©glutit et rassembla ce qu’il lui restait de calme. — Non. Je vais gĂ©rer Tyrone moi-mĂȘme. Sa mĂšre venait de subir un pontage et se trouvait encore Ă  l’hĂŽpital. Elle n’avait pas le droit de s’écrouler maintenant. Raine repartit Ă  l’aube. Aella erra dans la villa comme un fantĂŽme, traversant les piĂšces sans vraiment les voir. Elle et Tyrone avaient Ă©tĂ© des amoureux d’enfance. Tout le monde savait qu’elle l’aimait depuis qu’ils Ă©taient enfants. Tout le monde savait aussi que Tyrone n’avait jamais cessĂ© d’aimer quelqu’un d’autre. Il ne l’avait pas Ă©pousĂ©e par amour. Leur mariage Ă©tait un arrangement entre familles. MalgrĂ© tout, aprĂšs trois ans, Aella avait cru que peut-ĂȘtre, si elle aimait assez fort, il finirait par changer, qu’elle parviendrait Ă  rĂ©chauffer son cƓur. À la place de l’amour, elle venait de dĂ©couvrir la preuve de ses retrouvailles grandioses avec son ancienne flamme. Son amour d’enfance, celui avec lequel elle avait grandi, vingt-cinq ans de sa vie, tout venait de partir en fumĂ©e. C’était fini. Elle savait exactement quoi faire ensuite. Mais son cƓur lui faisait si mal que respirer devenait douloureux. La douleur donnait l’impression de la scinder en deux. Insupportable. 
 Cette nuit-lĂ , Tyrone ne rentra toujours pas. Les trois jours suivants, Aella resta Ă  l’hĂŽpital, Ă  veiller sur sa mĂšre, Miriam Reid. Pendant tout ce temps, Tyrone n’appela jamais. Pas mĂȘme un message. Lorsque l’état de sa mĂšre se stabilisa enfin, son pĂšre, Warren, l’exhorta Ă  rentrer chez elle pour se reposer. Tard dans la nuit, Ă  moitiĂ© endormie, Aella entendit la porte de la chambre grincer. De l’eau Ă©claboussa dans la salle de bain. Puis le matelas s’enfonça Ă  cĂŽtĂ© d’elle, et une lĂ©gĂšre odeur de gel douche masculin se rĂ©pandit dans l’air. Avant mĂȘme qu’elle ait le temps de rĂ©agir, elle se trouvait dĂ©jĂ  dans les bras de Tyrone. AprĂšs plus d’un mois, il avait enfin dĂ©cidĂ© de rentrer. Elle ne pouvait qu’imaginer Ă  quel point il avait dĂ» ĂȘtre heureux, avec eux. Sentant son corps se raidir, Tyrone sut qu’elle Ă©tait rĂ©veillĂ©e. Son bras se resserra autour de sa taille, la tirant plus prĂšs de lui. Ses lĂšvres frĂŽlĂšrent son cou, chaudes, insistantes. Sous la couverture, sa main glissa plus bas, tirant lĂ©gĂšrement sur la bretelle de son pyjama. En trois ans de mariage, c’était la seule fois oĂč Tyrone semblait doux. Avec elle, cela ne se passait jamais ailleurs qu’au lit. Et Ă  chaque fois, Aella s’était menti Ă  elle-mĂȘme, se rĂ©pĂ©tant que sa passion signifiait l’amour. Instinctivement, elle attrapa sa main. Pour la premiĂšre fois, elle murmura : — Non. Sa voix Ă©tait Ă©raillĂ©e par les pleurs, mais Ă  ses oreilles, cela sonnait comme du dĂ©sir. Ses baisers s’approfondirent. Il connaissait son corps trop bien, chaque contact calculĂ©, chaque geste maĂźtrisĂ©. Elle ne pouvait pas lutter. Juste au moment oĂč elle allait cĂ©der, son esprit fut envahi par une sĂ©rie d’images. Des feux d’artifice, des roses, un yacht, la plage. La main de Tyrone, celle qui portait son alliance, posĂ©e sur la taille d’une autre femme. Cette lĂ©gende : Pour ceux que j’aime le plus. L’estomac d’Aella se souleva. Elle le repoussa brutalement, roula au bord du lit et eut un haut-le-cƓur. La lumiĂšre s’alluma. L’air de la chambre changea, brusquement, tranchant, glacĂ©. Tyrone se leva et lui frotta doucement le dos. — Tu es malade ? Aella le repoussa et tituba jusqu’à la salle de bain. Elle n’était pas malade, simplement nausĂ©euse. Tyrone fronça les sourcils en la regardant partir, puis descendit lui chercher de l’eau. Il ne remarqua ni ses yeux gonflĂ©s, ni sa voix rauque, ni la coupure bandĂ©e Ă  sa cheville. Lorsqu’il revint, Aella se hissait dĂ©jĂ  de nouveau sous la couette. Il lui tendit le verre. — Demain, je ferai une rĂ©servation, dit-il d’un ton dĂ©tachĂ©. On se rattrapera pour notre anniversaire. Aucune excuse. Aucun remords. Rien de plus. Aella ignora le verre et remonta la couverture. — Ne te donne pas cette peine. Donc il se souvenait bien de leur troisiĂšme anniversaire. Et pourtant, ce soir-lĂ , il avait quand mĂȘme privatisĂ© une plage entiĂšre pour elle et leur fils, et avait passĂ© la soirĂ©e Ă  regarder des feux d’artifice avec eux. Depuis le jour de leur mariage, Aella avait prĂ©parĂ© chaque repas, maintenu la maison impeccable, sans jamais rien demander. Mais pour cette femme et son enfant, Tyrone avait retroussĂ© ses manches et avait lui-mĂȘme fait un gĂąteau. Il avait trompĂ©. Il avait eu un enfant. Il avait menti. Et malgrĂ© tout, il rentrait, la touchait, lui parlait comme si rien de tout cela n’avait d’importance. Il se tenait lĂ , calme, impassible, feignant que rien ne s’était passĂ©. Pour la premiĂšre fois, Aella vit son mari, l’homme qu’elle avait aimĂ© toute sa vie, pour ce qu’il Ă©tait rĂ©ellement. Un hypocrite. Le silence s’abattit sur la chambre, lourd comme du plomb. Puis le tĂ©lĂ©phone de Tyrone s’alluma sur la table de nuit.

Novels-bmb-39
Novels-bmb-39
+1
Inactive3 days
page.joyreadland.com
📚《D'Ă©pouse rĂ©pudiĂ©e Ă  reine》Tous les chapitres gratuitement
Learn more

Chapitre 1 C’est fini Le premier amour de Tyrone Winter, la femme avec qui il avait rompu six ans plus tĂŽt et qu’il n’avait jamais vraiment oubliĂ©e, revint sans prĂ©venir. Et Zera Caldwell ne revint pas seule. Elle avait avec elle un fils de cinq ans. Depuis un mois, Tyrone se rĂ©fugiait derriĂšre des voyages d’affaires, multipliant les dĂ©placements, faisant tout ce qu’il pouvait pour Ă©viter de rentrer chez lui. Ce soir-lĂ  aurait dĂ» ĂȘtre spĂ©cial, leur troisiĂšme anniversaire de mariage. Aella Reid avait dressĂ© la table pour un dĂźner aux chandelles. Elle avait emballĂ© un cadeau. Elle lui avait mĂȘme envoyĂ© un message WhatsApp. À vingt-et-une heures, il n’était toujours pas lĂ . À la place, son tĂ©lĂ©phone vibra. Un appel de sa belle-sƓur, Raine Winter. Sa voix Ă©tait tendue. — Regarde le message que je t’ai envoyĂ©. Aella raccrocha et ouvrit leur conversation. Un seul regard suffit. Son sourire se figea. L’assiette qu’elle tenait glissa de ses doigts et explosa contre le sol. Des Ă©clats de porcelaine lui entaillĂšrent la cheville, traçant de fines lignes rouges sur sa peau. Elle ne broncha pas. Raine lui avait envoyĂ© des captures d’écran d’une publication privĂ©e Instagram de Tyrone. Il avait privatisĂ© toute la Bayline Marina. Sur les photos, il Ă©tait lĂ , avec Zera et son fils, cĂ©lĂ©brant l’anniversaire du petit sous un ciel saturĂ© de feux d’artifice. Aella se pencha, ramassa son tĂ©lĂ©phone et fit dĂ©filer les images une Ă  une, la plage, le yacht, les feux d’artifice, les roses. Puis elle le vit. Tyrone, tenant un petit garçon d’un bras. De l’autre main, celle oĂč brillait encore leur alliance, il enserrait la taille d’une autre femme avec une possessivitĂ© sans Ă©quivoque. Le tableau romantique parfait. La lĂ©gende disait : — Un gĂąteau aux myrtilles que j’ai fait moi-mĂȘme, pour ceux que j’aime le plus. MĂȘme Ă  travers l’écran, cette affection avait quelque chose d’oppressant. L’esprit d’Aella se vida. Elle ne pensait plus. Elle ne respirait plus. Ses mains tremblaient lorsqu’elle ouvrit le profil de Tyrone. Rien. Vide. Elle ouvrit la bouche, mais pendant une longue minute, aucun son n’en sortit. À un moment donnĂ©, il avait masquĂ© toutes ses publications pour elle. C’est Ă  cet instant prĂ©cis que le dernier fragment fragile d’espoir qu’elle nourrissait encore se brisa. MalgrĂ© tout, elle refusa d’abandonner. Elle l’appela. Une fois. Deux fois. À la troisiĂšme tentative, il raccrocha. Puis un unique message s’afficha : — OccupĂ©. Court. Froid. Sans appel. L’impuissance, la colĂšre, la jalousie, le chagrin, tout se noua en elle, la dĂ©chirant de l’intĂ©rieur. Aella s’effondra au sol, agrippant sa tĂȘte, cherchant dĂ©sespĂ©rĂ©ment de l’air. Sa poitrine lui donnait l’impression de se fendre en deux. Elle s’arracha une poignĂ©e de cheveux et cria jusqu’à se brĂ»ler la gorge, avant de s’effondrer en sanglots muets. On frappa Ă  la porte. Elle se força Ă  se relever et ouvrit. Raine se figea. — Aella, ça va ? Des larmes striaient le visage d’Aella. Elle se contenta de secouer la tĂȘte. La mĂąchoire de Raine se crispa. — On y va. On va le trouver, tout de suite. Aella dĂ©glutit et rassembla ce qu’il lui restait de calme. — Non. Je vais gĂ©rer Tyrone moi-mĂȘme. Sa mĂšre venait de subir un pontage et se trouvait encore Ă  l’hĂŽpital. Elle n’avait pas le droit de s’écrouler maintenant. Raine repartit Ă  l’aube. Aella erra dans la villa comme un fantĂŽme, traversant les piĂšces sans vraiment les voir. Elle et Tyrone avaient Ă©tĂ© des amoureux d’enfance. Tout le monde savait qu’elle l’aimait depuis qu’ils Ă©taient enfants. Tout le monde savait aussi que Tyrone n’avait jamais cessĂ© d’aimer quelqu’un d’autre. Il ne l’avait pas Ă©pousĂ©e par amour. Leur mariage Ă©tait un arrangement entre familles. MalgrĂ© tout, aprĂšs trois ans, Aella avait cru que peut-ĂȘtre, si elle aimait assez fort, il finirait par changer, qu’elle parviendrait Ă  rĂ©chauffer son cƓur. À la place de l’amour, elle venait de dĂ©couvrir la preuve de ses retrouvailles grandioses avec son ancienne flamme. Son amour d’enfance, celui avec lequel elle avait grandi, vingt-cinq ans de sa vie, tout venait de partir en fumĂ©e. C’était fini. Elle savait exactement quoi faire ensuite. Mais son cƓur lui faisait si mal que respirer devenait douloureux. La douleur donnait l’impression de la scinder en deux. Insupportable. 
 Cette nuit-lĂ , Tyrone ne rentra toujours pas. Les trois jours suivants, Aella resta Ă  l’hĂŽpital, Ă  veiller sur sa mĂšre, Miriam Reid. Pendant tout ce temps, Tyrone n’appela jamais. Pas mĂȘme un message. Lorsque l’état de sa mĂšre se stabilisa enfin, son pĂšre, Warren, l’exhorta Ă  rentrer chez elle pour se reposer. Tard dans la nuit, Ă  moitiĂ© endormie, Aella entendit la porte de la chambre grincer. De l’eau Ă©claboussa dans la salle de bain. Puis le matelas s’enfonça Ă  cĂŽtĂ© d’elle, et une lĂ©gĂšre odeur de gel douche masculin se rĂ©pandit dans l’air. Avant mĂȘme qu’elle ait le temps de rĂ©agir, elle se trouvait dĂ©jĂ  dans les bras de Tyrone. AprĂšs plus d’un mois, il avait enfin dĂ©cidĂ© de rentrer. Elle ne pouvait qu’imaginer Ă  quel point il avait dĂ» ĂȘtre heureux, avec eux. Sentant son corps se raidir, Tyrone sut qu’elle Ă©tait rĂ©veillĂ©e. Son bras se resserra autour de sa taille, la tirant plus prĂšs de lui. Ses lĂšvres frĂŽlĂšrent son cou, chaudes, insistantes. Sous la couverture, sa main glissa plus bas, tirant lĂ©gĂšrement sur la bretelle de son pyjama. En trois ans de mariage, c’était la seule fois oĂč Tyrone semblait doux. Avec elle, cela ne se passait jamais ailleurs qu’au lit. Et Ă  chaque fois, Aella s’était menti Ă  elle-mĂȘme, se rĂ©pĂ©tant que sa passion signifiait l’amour. Instinctivement, elle attrapa sa main. Pour la premiĂšre fois, elle murmura : — Non. Sa voix Ă©tait Ă©raillĂ©e par les pleurs, mais Ă  ses oreilles, cela sonnait comme du dĂ©sir. Ses baisers s’approfondirent. Il connaissait son corps trop bien, chaque contact calculĂ©, chaque geste maĂźtrisĂ©. Elle ne pouvait pas lutter. Juste au moment oĂč elle allait cĂ©der, son esprit fut envahi par une sĂ©rie d’images. Des feux d’artifice, des roses, un yacht, la plage. La main de Tyrone, celle qui portait son alliance, posĂ©e sur la taille d’une autre femme. Cette lĂ©gende : Pour ceux que j’aime le plus. L’estomac d’Aella se souleva. Elle le repoussa brutalement, roula au bord du lit et eut un haut-le-cƓur. La lumiĂšre s’alluma. L’air de la chambre changea, brusquement, tranchant, glacĂ©. Tyrone se leva et lui frotta doucement le dos. — Tu es malade ? Aella le repoussa et tituba jusqu’à la salle de bain. Elle n’était pas malade, simplement nausĂ©euse. Tyrone fronça les sourcils en la regardant partir, puis descendit lui chercher de l’eau. Il ne remarqua ni ses yeux gonflĂ©s, ni sa voix rauque, ni la coupure bandĂ©e Ă  sa cheville. Lorsqu’il revint, Aella se hissait dĂ©jĂ  de nouveau sous la couette. Il lui tendit le verre. — Demain, je ferai une rĂ©servation, dit-il d’un ton dĂ©tachĂ©. On se rattrapera pour notre anniversaire. Aucune excuse. Aucun remords. Rien de plus. Aella ignora le verre et remonta la couverture. — Ne te donne pas cette peine. Donc il se souvenait bien de leur troisiĂšme anniversaire. Et pourtant, ce soir-lĂ , il avait quand mĂȘme privatisĂ© une plage entiĂšre pour elle et leur fils, et avait passĂ© la soirĂ©e Ă  regarder des feux d’artifice avec eux. Depuis le jour de leur mariage, Aella avait prĂ©parĂ© chaque repas, maintenu la maison impeccable, sans jamais rien demander. Mais pour cette femme et son enfant, Tyrone avait retroussĂ© ses manches et avait lui-mĂȘme fait un gĂąteau. Il avait trompĂ©. Il avait eu un enfant. Il avait menti. Et malgrĂ© tout, il rentrait, la touchait, lui parlait comme si rien de tout cela n’avait d’importance. Il se tenait lĂ , calme, impassible, feignant que rien ne s’était passĂ©. Pour la premiĂšre fois, Aella vit son mari, l’homme qu’elle avait aimĂ© toute sa vie, pour ce qu’il Ă©tait rĂ©ellement. Un hypocrite. Le silence s’abattit sur la chambre, lourd comme du plomb. Puis le tĂ©lĂ©phone de Tyrone s’alluma sur la table de nuit.

Novels-bmb-39
Novels-bmb-39
+1
Inactive3 days
page.joyreadland.com
📚《D'Ă©pouse rĂ©pudiĂ©e Ă  reine》Tous les chapitres gratuitement
Learn more

Chapitre 1 C’est fini Le premier amour de Tyrone Winter, la femme avec qui il avait rompu six ans plus tĂŽt et qu’il n’avait jamais vraiment oubliĂ©e, revint sans prĂ©venir. Et Zera Caldwell ne revint pas seule. Elle avait avec elle un fils de cinq ans. Depuis un mois, Tyrone se rĂ©fugiait derriĂšre des voyages d’affaires, multipliant les dĂ©placements, faisant tout ce qu’il pouvait pour Ă©viter de rentrer chez lui. Ce soir-lĂ  aurait dĂ» ĂȘtre spĂ©cial, leur troisiĂšme anniversaire de mariage. Aella Reid avait dressĂ© la table pour un dĂźner aux chandelles. Elle avait emballĂ© un cadeau. Elle lui avait mĂȘme envoyĂ© un message WhatsApp. À vingt-et-une heures, il n’était toujours pas lĂ . À la place, son tĂ©lĂ©phone vibra. Un appel de sa belle-sƓur, Raine Winter. Sa voix Ă©tait tendue. — Regarde le message que je t’ai envoyĂ©. Aella raccrocha et ouvrit leur conversation. Un seul regard suffit. Son sourire se figea. L’assiette qu’elle tenait glissa de ses doigts et explosa contre le sol. Des Ă©clats de porcelaine lui entaillĂšrent la cheville, traçant de fines lignes rouges sur sa peau. Elle ne broncha pas. Raine lui avait envoyĂ© des captures d’écran d’une publication privĂ©e Instagram de Tyrone. Il avait privatisĂ© toute la Bayline Marina. Sur les photos, il Ă©tait lĂ , avec Zera et son fils, cĂ©lĂ©brant l’anniversaire du petit sous un ciel saturĂ© de feux d’artifice. Aella se pencha, ramassa son tĂ©lĂ©phone et fit dĂ©filer les images une Ă  une, la plage, le yacht, les feux d’artifice, les roses. Puis elle le vit. Tyrone, tenant un petit garçon d’un bras. De l’autre main, celle oĂč brillait encore leur alliance, il enserrait la taille d’une autre femme avec une possessivitĂ© sans Ă©quivoque. Le tableau romantique parfait. La lĂ©gende disait : — Un gĂąteau aux myrtilles que j’ai fait moi-mĂȘme, pour ceux que j’aime le plus. MĂȘme Ă  travers l’écran, cette affection avait quelque chose d’oppressant. L’esprit d’Aella se vida. Elle ne pensait plus. Elle ne respirait plus. Ses mains tremblaient lorsqu’elle ouvrit le profil de Tyrone. Rien. Vide. Elle ouvrit la bouche, mais pendant une longue minute, aucun son n’en sortit. À un moment donnĂ©, il avait masquĂ© toutes ses publications pour elle. C’est Ă  cet instant prĂ©cis que le dernier fragment fragile d’espoir qu’elle nourrissait encore se brisa. MalgrĂ© tout, elle refusa d’abandonner. Elle l’appela. Une fois. Deux fois. À la troisiĂšme tentative, il raccrocha. Puis un unique message s’afficha : — OccupĂ©. Court. Froid. Sans appel. L’impuissance, la colĂšre, la jalousie, le chagrin, tout se noua en elle, la dĂ©chirant de l’intĂ©rieur. Aella s’effondra au sol, agrippant sa tĂȘte, cherchant dĂ©sespĂ©rĂ©ment de l’air. Sa poitrine lui donnait l’impression de se fendre en deux. Elle s’arracha une poignĂ©e de cheveux et cria jusqu’à se brĂ»ler la gorge, avant de s’effondrer en sanglots muets. On frappa Ă  la porte. Elle se força Ă  se relever et ouvrit. Raine se figea. — Aella, ça va ? Des larmes striaient le visage d’Aella. Elle se contenta de secouer la tĂȘte. La mĂąchoire de Raine se crispa. — On y va. On va le trouver, tout de suite. Aella dĂ©glutit et rassembla ce qu’il lui restait de calme. — Non. Je vais gĂ©rer Tyrone moi-mĂȘme. Sa mĂšre venait de subir un pontage et se trouvait encore Ă  l’hĂŽpital. Elle n’avait pas le droit de s’écrouler maintenant. Raine repartit Ă  l’aube. Aella erra dans la villa comme un fantĂŽme, traversant les piĂšces sans vraiment les voir. Elle et Tyrone avaient Ă©tĂ© des amoureux d’enfance. Tout le monde savait qu’elle l’aimait depuis qu’ils Ă©taient enfants. Tout le monde savait aussi que Tyrone n’avait jamais cessĂ© d’aimer quelqu’un d’autre. Il ne l’avait pas Ă©pousĂ©e par amour. Leur mariage Ă©tait un arrangement entre familles. MalgrĂ© tout, aprĂšs trois ans, Aella avait cru que peut-ĂȘtre, si elle aimait assez fort, il finirait par changer, qu’elle parviendrait Ă  rĂ©chauffer son cƓur. À la place de l’amour, elle venait de dĂ©couvrir la preuve de ses retrouvailles grandioses avec son ancienne flamme. Son amour d’enfance, celui avec lequel elle avait grandi, vingt-cinq ans de sa vie, tout venait de partir en fumĂ©e. C’était fini. Elle savait exactement quoi faire ensuite. Mais son cƓur lui faisait si mal que respirer devenait douloureux. La douleur donnait l’impression de la scinder en deux. Insupportable. 
 Cette nuit-lĂ , Tyrone ne rentra toujours pas. Les trois jours suivants, Aella resta Ă  l’hĂŽpital, Ă  veiller sur sa mĂšre, Miriam Reid. Pendant tout ce temps, Tyrone n’appela jamais. Pas mĂȘme un message. Lorsque l’état de sa mĂšre se stabilisa enfin, son pĂšre, Warren, l’exhorta Ă  rentrer chez elle pour se reposer. Tard dans la nuit, Ă  moitiĂ© endormie, Aella entendit la porte de la chambre grincer. De l’eau Ă©claboussa dans la salle de bain. Puis le matelas s’enfonça Ă  cĂŽtĂ© d’elle, et une lĂ©gĂšre odeur de gel douche masculin se rĂ©pandit dans l’air. Avant mĂȘme qu’elle ait le temps de rĂ©agir, elle se trouvait dĂ©jĂ  dans les bras de Tyrone. AprĂšs plus d’un mois, il avait enfin dĂ©cidĂ© de rentrer. Elle ne pouvait qu’imaginer Ă  quel point il avait dĂ» ĂȘtre heureux, avec eux. Sentant son corps se raidir, Tyrone sut qu’elle Ă©tait rĂ©veillĂ©e. Son bras se resserra autour de sa taille, la tirant plus prĂšs de lui. Ses lĂšvres frĂŽlĂšrent son cou, chaudes, insistantes. Sous la couverture, sa main glissa plus bas, tirant lĂ©gĂšrement sur la bretelle de son pyjama. En trois ans de mariage, c’était la seule fois oĂč Tyrone semblait doux. Avec elle, cela ne se passait jamais ailleurs qu’au lit. Et Ă  chaque fois, Aella s’était menti Ă  elle-mĂȘme, se rĂ©pĂ©tant que sa passion signifiait l’amour. Instinctivement, elle attrapa sa main. Pour la premiĂšre fois, elle murmura : — Non. Sa voix Ă©tait Ă©raillĂ©e par les pleurs, mais Ă  ses oreilles, cela sonnait comme du dĂ©sir. Ses baisers s’approfondirent. Il connaissait son corps trop bien, chaque contact calculĂ©, chaque geste maĂźtrisĂ©. Elle ne pouvait pas lutter. Juste au moment oĂč elle allait cĂ©der, son esprit fut envahi par une sĂ©rie d’images. Des feux d’artifice, des roses, un yacht, la plage. La main de Tyrone, celle qui portait son alliance, posĂ©e sur la taille d’une autre femme. Cette lĂ©gende : Pour ceux que j’aime le plus. L’estomac d’Aella se souleva. Elle le repoussa brutalement, roula au bord du lit et eut un haut-le-cƓur. La lumiĂšre s’alluma. L’air de la chambre changea, brusquement, tranchant, glacĂ©. Tyrone se leva et lui frotta doucement le dos. — Tu es malade ? Aella le repoussa et tituba jusqu’à la salle de bain. Elle n’était pas malade, simplement nausĂ©euse. Tyrone fronça les sourcils en la regardant partir, puis descendit lui chercher de l’eau. Il ne remarqua ni ses yeux gonflĂ©s, ni sa voix rauque, ni la coupure bandĂ©e Ă  sa cheville. Lorsqu’il revint, Aella se hissait dĂ©jĂ  de nouveau sous la couette. Il lui tendit le verre. — Demain, je ferai une rĂ©servation, dit-il d’un ton dĂ©tachĂ©. On se rattrapera pour notre anniversaire. Aucune excuse. Aucun remords. Rien de plus. Aella ignora le verre et remonta la couverture. — Ne te donne pas cette peine. Donc il se souvenait bien de leur troisiĂšme anniversaire. Et pourtant, ce soir-lĂ , il avait quand mĂȘme privatisĂ© une plage entiĂšre pour elle et leur fils, et avait passĂ© la soirĂ©e Ă  regarder des feux d’artifice avec eux. Depuis le jour de leur mariage, Aella avait prĂ©parĂ© chaque repas, maintenu la maison impeccable, sans jamais rien demander. Mais pour cette femme et son enfant, Tyrone avait retroussĂ© ses manches et avait lui-mĂȘme fait un gĂąteau. Il avait trompĂ©. Il avait eu un enfant. Il avait menti. Et malgrĂ© tout, il rentrait, la touchait, lui parlait comme si rien de tout cela n’avait d’importance. Il se tenait lĂ , calme, impassible, feignant que rien ne s’était passĂ©. Pour la premiĂšre fois, Aella vit son mari, l’homme qu’elle avait aimĂ© toute sa vie, pour ce qu’il Ă©tait rĂ©ellement. Un hypocrite. Le silence s’abattit sur la chambre, lourd comme du plomb. Puis le tĂ©lĂ©phone de Tyrone s’alluma sur la table de nuit.

Novels-bmb-39
Novels-bmb-39
+1
Inactive3 days
page.joyreadland.com
📚《D'Ă©pouse rĂ©pudiĂ©e Ă  reine》Tous les chapitres gratuitement
Learn more

Chapitre 1 C’est fini Le premier amour de Tyrone Winter, la femme avec qui il avait rompu six ans plus tĂŽt et qu’il n’avait jamais vraiment oubliĂ©e, revint sans prĂ©venir. Et Zera Caldwell ne revint pas seule. Elle avait avec elle un fils de cinq ans. Depuis un mois, Tyrone se rĂ©fugiait derriĂšre des voyages d’affaires, multipliant les dĂ©placements, faisant tout ce qu’il pouvait pour Ă©viter de rentrer chez lui. Ce soir-lĂ  aurait dĂ» ĂȘtre spĂ©cial, leur troisiĂšme anniversaire de mariage. Aella Reid avait dressĂ© la table pour un dĂźner aux chandelles. Elle avait emballĂ© un cadeau. Elle lui avait mĂȘme envoyĂ© un message WhatsApp. À vingt-et-une heures, il n’était toujours pas lĂ . À la place, son tĂ©lĂ©phone vibra. Un appel de sa belle-sƓur, Raine Winter. Sa voix Ă©tait tendue. — Regarde le message que je t’ai envoyĂ©. Aella raccrocha et ouvrit leur conversation. Un seul regard suffit. Son sourire se figea. L’assiette qu’elle tenait glissa de ses doigts et explosa contre le sol. Des Ă©clats de porcelaine lui entaillĂšrent la cheville, traçant de fines lignes rouges sur sa peau. Elle ne broncha pas. Raine lui avait envoyĂ© des captures d’écran d’une publication privĂ©e Instagram de Tyrone. Il avait privatisĂ© toute la Bayline Marina. Sur les photos, il Ă©tait lĂ , avec Zera et son fils, cĂ©lĂ©brant l’anniversaire du petit sous un ciel saturĂ© de feux d’artifice. Aella se pencha, ramassa son tĂ©lĂ©phone et fit dĂ©filer les images une Ă  une, la plage, le yacht, les feux d’artifice, les roses. Puis elle le vit. Tyrone, tenant un petit garçon d’un bras. De l’autre main, celle oĂč brillait encore leur alliance, il enserrait la taille d’une autre femme avec une possessivitĂ© sans Ă©quivoque. Le tableau romantique parfait. La lĂ©gende disait : — Un gĂąteau aux myrtilles que j’ai fait moi-mĂȘme, pour ceux que j’aime le plus. MĂȘme Ă  travers l’écran, cette affection avait quelque chose d’oppressant. L’esprit d’Aella se vida. Elle ne pensait plus. Elle ne respirait plus. Ses mains tremblaient lorsqu’elle ouvrit le profil de Tyrone. Rien. Vide. Elle ouvrit la bouche, mais pendant une longue minute, aucun son n’en sortit. À un moment donnĂ©, il avait masquĂ© toutes ses publications pour elle. C’est Ă  cet instant prĂ©cis que le dernier fragment fragile d’espoir qu’elle nourrissait encore se brisa. MalgrĂ© tout, elle refusa d’abandonner. Elle l’appela. Une fois. Deux fois. À la troisiĂšme tentative, il raccrocha. Puis un unique message s’afficha : — OccupĂ©. Court. Froid. Sans appel. L’impuissance, la colĂšre, la jalousie, le chagrin, tout se noua en elle, la dĂ©chirant de l’intĂ©rieur. Aella s’effondra au sol, agrippant sa tĂȘte, cherchant dĂ©sespĂ©rĂ©ment de l’air. Sa poitrine lui donnait l’impression de se fendre en deux. Elle s’arracha une poignĂ©e de cheveux et cria jusqu’à se brĂ»ler la gorge, avant de s’effondrer en sanglots muets. On frappa Ă  la porte. Elle se força Ă  se relever et ouvrit. Raine se figea. — Aella, ça va ? Des larmes striaient le visage d’Aella. Elle se contenta de secouer la tĂȘte. La mĂąchoire de Raine se crispa. — On y va. On va le trouver, tout de suite. Aella dĂ©glutit et rassembla ce qu’il lui restait de calme. — Non. Je vais gĂ©rer Tyrone moi-mĂȘme. Sa mĂšre venait de subir un pontage et se trouvait encore Ă  l’hĂŽpital. Elle n’avait pas le droit de s’écrouler maintenant. Raine repartit Ă  l’aube. Aella erra dans la villa comme un fantĂŽme, traversant les piĂšces sans vraiment les voir. Elle et Tyrone avaient Ă©tĂ© des amoureux d’enfance. Tout le monde savait qu’elle l’aimait depuis qu’ils Ă©taient enfants. Tout le monde savait aussi que Tyrone n’avait jamais cessĂ© d’aimer quelqu’un d’autre. Il ne l’avait pas Ă©pousĂ©e par amour. Leur mariage Ă©tait un arrangement entre familles. MalgrĂ© tout, aprĂšs trois ans, Aella avait cru que peut-ĂȘtre, si elle aimait assez fort, il finirait par changer, qu’elle parviendrait Ă  rĂ©chauffer son cƓur. À la place de l’amour, elle venait de dĂ©couvrir la preuve de ses retrouvailles grandioses avec son ancienne flamme. Son amour d’enfance, celui avec lequel elle avait grandi, vingt-cinq ans de sa vie, tout venait de partir en fumĂ©e. C’était fini. Elle savait exactement quoi faire ensuite. Mais son cƓur lui faisait si mal que respirer devenait douloureux. La douleur donnait l’impression de la scinder en deux. Insupportable. 
 Cette nuit-lĂ , Tyrone ne rentra toujours pas. Les trois jours suivants, Aella resta Ă  l’hĂŽpital, Ă  veiller sur sa mĂšre, Miriam Reid. Pendant tout ce temps, Tyrone n’appela jamais. Pas mĂȘme un message. Lorsque l’état de sa mĂšre se stabilisa enfin, son pĂšre, Warren, l’exhorta Ă  rentrer chez elle pour se reposer. Tard dans la nuit, Ă  moitiĂ© endormie, Aella entendit la porte de la chambre grincer. De l’eau Ă©claboussa dans la salle de bain. Puis le matelas s’enfonça Ă  cĂŽtĂ© d’elle, et une lĂ©gĂšre odeur de gel douche masculin se rĂ©pandit dans l’air. Avant mĂȘme qu’elle ait le temps de rĂ©agir, elle se trouvait dĂ©jĂ  dans les bras de Tyrone. AprĂšs plus d’un mois, il avait enfin dĂ©cidĂ© de rentrer. Elle ne pouvait qu’imaginer Ă  quel point il avait dĂ» ĂȘtre heureux, avec eux. Sentant son corps se raidir, Tyrone sut qu’elle Ă©tait rĂ©veillĂ©e. Son bras se resserra autour de sa taille, la tirant plus prĂšs de lui. Ses lĂšvres frĂŽlĂšrent son cou, chaudes, insistantes. Sous la couverture, sa main glissa plus bas, tirant lĂ©gĂšrement sur la bretelle de son pyjama. En trois ans de mariage, c’était la seule fois oĂč Tyrone semblait doux. Avec elle, cela ne se passait jamais ailleurs qu’au lit. Et Ă  chaque fois, Aella s’était menti Ă  elle-mĂȘme, se rĂ©pĂ©tant que sa passion signifiait l’amour. Instinctivement, elle attrapa sa main. Pour la premiĂšre fois, elle murmura : — Non. Sa voix Ă©tait Ă©raillĂ©e par les pleurs, mais Ă  ses oreilles, cela sonnait comme du dĂ©sir. Ses baisers s’approfondirent. Il connaissait son corps trop bien, chaque contact calculĂ©, chaque geste maĂźtrisĂ©. Elle ne pouvait pas lutter. Juste au moment oĂč elle allait cĂ©der, son esprit fut envahi par une sĂ©rie d’images. Des feux d’artifice, des roses, un yacht, la plage. La main de Tyrone, celle qui portait son alliance, posĂ©e sur la taille d’une autre femme. Cette lĂ©gende : Pour ceux que j’aime le plus. L’estomac d’Aella se souleva. Elle le repoussa brutalement, roula au bord du lit et eut un haut-le-cƓur. La lumiĂšre s’alluma. L’air de la chambre changea, brusquement, tranchant, glacĂ©. Tyrone se leva et lui frotta doucement le dos. — Tu es malade ? Aella le repoussa et tituba jusqu’à la salle de bain. Elle n’était pas malade, simplement nausĂ©euse. Tyrone fronça les sourcils en la regardant partir, puis descendit lui chercher de l’eau. Il ne remarqua ni ses yeux gonflĂ©s, ni sa voix rauque, ni la coupure bandĂ©e Ă  sa cheville. Lorsqu’il revint, Aella se hissait dĂ©jĂ  de nouveau sous la couette. Il lui tendit le verre. — Demain, je ferai une rĂ©servation, dit-il d’un ton dĂ©tachĂ©. On se rattrapera pour notre anniversaire. Aucune excuse. Aucun remords. Rien de plus. Aella ignora le verre et remonta la couverture. — Ne te donne pas cette peine. Donc il se souvenait bien de leur troisiĂšme anniversaire. Et pourtant, ce soir-lĂ , il avait quand mĂȘme privatisĂ© une plage entiĂšre pour elle et leur fils, et avait passĂ© la soirĂ©e Ă  regarder des feux d’artifice avec eux. Depuis le jour de leur mariage, Aella avait prĂ©parĂ© chaque repas, maintenu la maison impeccable, sans jamais rien demander. Mais pour cette femme et son enfant, Tyrone avait retroussĂ© ses manches et avait lui-mĂȘme fait un gĂąteau. Il avait trompĂ©. Il avait eu un enfant. Il avait menti. Et malgrĂ© tout, il rentrait, la touchait, lui parlait comme si rien de tout cela n’avait d’importance. Il se tenait lĂ , calme, impassible, feignant que rien ne s’était passĂ©. Pour la premiĂšre fois, Aella vit son mari, l’homme qu’elle avait aimĂ© toute sa vie, pour ce qu’il Ă©tait rĂ©ellement. Un hypocrite. Le silence s’abattit sur la chambre, lourd comme du plomb. Puis le tĂ©lĂ©phone de Tyrone s’alluma sur la table de nuit.

Novels-bmb-39
Novels-bmb-39
+1
Inactive3 days
page.joyreadland.com
📚《D'Ă©pouse rĂ©pudiĂ©e Ă  reine》Tous les chapitres gratuitement
Learn more

Chapitre 1 C’est fini Le premier amour de Tyrone Winter, la femme avec qui il avait rompu six ans plus tĂŽt et qu’il n’avait jamais vraiment oubliĂ©e, revint sans prĂ©venir. Et Zera Caldwell ne revint pas seule. Elle avait avec elle un fils de cinq ans. Depuis un mois, Tyrone se rĂ©fugiait derriĂšre des voyages d’affaires, multipliant les dĂ©placements, faisant tout ce qu’il pouvait pour Ă©viter de rentrer chez lui. Ce soir-lĂ  aurait dĂ» ĂȘtre spĂ©cial, leur troisiĂšme anniversaire de mariage. Aella Reid avait dressĂ© la table pour un dĂźner aux chandelles. Elle avait emballĂ© un cadeau. Elle lui avait mĂȘme envoyĂ© un message WhatsApp. À vingt-et-une heures, il n’était toujours pas lĂ . À la place, son tĂ©lĂ©phone vibra. Un appel de sa belle-sƓur, Raine Winter. Sa voix Ă©tait tendue. — Regarde le message que je t’ai envoyĂ©. Aella raccrocha et ouvrit leur conversation. Un seul regard suffit. Son sourire se figea. L’assiette qu’elle tenait glissa de ses doigts et explosa contre le sol. Des Ă©clats de porcelaine lui entaillĂšrent la cheville, traçant de fines lignes rouges sur sa peau. Elle ne broncha pas. Raine lui avait envoyĂ© des captures d’écran d’une publication privĂ©e Instagram de Tyrone. Il avait privatisĂ© toute la Bayline Marina. Sur les photos, il Ă©tait lĂ , avec Zera et son fils, cĂ©lĂ©brant l’anniversaire du petit sous un ciel saturĂ© de feux d’artifice. Aella se pencha, ramassa son tĂ©lĂ©phone et fit dĂ©filer les images une Ă  une, la plage, le yacht, les feux d’artifice, les roses. Puis elle le vit. Tyrone, tenant un petit garçon d’un bras. De l’autre main, celle oĂč brillait encore leur alliance, il enserrait la taille d’une autre femme avec une possessivitĂ© sans Ă©quivoque. Le tableau romantique parfait. La lĂ©gende disait : — Un gĂąteau aux myrtilles que j’ai fait moi-mĂȘme, pour ceux que j’aime le plus. MĂȘme Ă  travers l’écran, cette affection avait quelque chose d’oppressant. L’esprit d’Aella se vida. Elle ne pensait plus. Elle ne respirait plus. Ses mains tremblaient lorsqu’elle ouvrit le profil de Tyrone. Rien. Vide. Elle ouvrit la bouche, mais pendant une longue minute, aucun son n’en sortit. À un moment donnĂ©, il avait masquĂ© toutes ses publications pour elle. C’est Ă  cet instant prĂ©cis que le dernier fragment fragile d’espoir qu’elle nourrissait encore se brisa. MalgrĂ© tout, elle refusa d’abandonner. Elle l’appela. Une fois. Deux fois. À la troisiĂšme tentative, il raccrocha. Puis un unique message s’afficha : — OccupĂ©. Court. Froid. Sans appel. L’impuissance, la colĂšre, la jalousie, le chagrin, tout se noua en elle, la dĂ©chirant de l’intĂ©rieur. Aella s’effondra au sol, agrippant sa tĂȘte, cherchant dĂ©sespĂ©rĂ©ment de l’air. Sa poitrine lui donnait l’impression de se fendre en deux. Elle s’arracha une poignĂ©e de cheveux et cria jusqu’à se brĂ»ler la gorge, avant de s’effondrer en sanglots muets. On frappa Ă  la porte. Elle se força Ă  se relever et ouvrit. Raine se figea. — Aella, ça va ? Des larmes striaient le visage d’Aella. Elle se contenta de secouer la tĂȘte. La mĂąchoire de Raine se crispa. — On y va. On va le trouver, tout de suite. Aella dĂ©glutit et rassembla ce qu’il lui restait de calme. — Non. Je vais gĂ©rer Tyrone moi-mĂȘme. Sa mĂšre venait de subir un pontage et se trouvait encore Ă  l’hĂŽpital. Elle n’avait pas le droit de s’écrouler maintenant. Raine repartit Ă  l’aube. Aella erra dans la villa comme un fantĂŽme, traversant les piĂšces sans vraiment les voir. Elle et Tyrone avaient Ă©tĂ© des amoureux d’enfance. Tout le monde savait qu’elle l’aimait depuis qu’ils Ă©taient enfants. Tout le monde savait aussi que Tyrone n’avait jamais cessĂ© d’aimer quelqu’un d’autre. Il ne l’avait pas Ă©pousĂ©e par amour. Leur mariage Ă©tait un arrangement entre familles. MalgrĂ© tout, aprĂšs trois ans, Aella avait cru que peut-ĂȘtre, si elle aimait assez fort, il finirait par changer, qu’elle parviendrait Ă  rĂ©chauffer son cƓur. À la place de l’amour, elle venait de dĂ©couvrir la preuve de ses retrouvailles grandioses avec son ancienne flamme. Son amour d’enfance, celui avec lequel elle avait grandi, vingt-cinq ans de sa vie, tout venait de partir en fumĂ©e. C’était fini. Elle savait exactement quoi faire ensuite. Mais son cƓur lui faisait si mal que respirer devenait douloureux. La douleur donnait l’impression de la scinder en deux. Insupportable. 
 Cette nuit-lĂ , Tyrone ne rentra toujours pas. Les trois jours suivants, Aella resta Ă  l’hĂŽpital, Ă  veiller sur sa mĂšre, Miriam Reid. Pendant tout ce temps, Tyrone n’appela jamais. Pas mĂȘme un message. Lorsque l’état de sa mĂšre se stabilisa enfin, son pĂšre, Warren, l’exhorta Ă  rentrer chez elle pour se reposer. Tard dans la nuit, Ă  moitiĂ© endormie, Aella entendit la porte de la chambre grincer. De l’eau Ă©claboussa dans la salle de bain. Puis le matelas s’enfonça Ă  cĂŽtĂ© d’elle, et une lĂ©gĂšre odeur de gel douche masculin se rĂ©pandit dans l’air. Avant mĂȘme qu’elle ait le temps de rĂ©agir, elle se trouvait dĂ©jĂ  dans les bras de Tyrone. AprĂšs plus d’un mois, il avait enfin dĂ©cidĂ© de rentrer. Elle ne pouvait qu’imaginer Ă  quel point il avait dĂ» ĂȘtre heureux, avec eux. Sentant son corps se raidir, Tyrone sut qu’elle Ă©tait rĂ©veillĂ©e. Son bras se resserra autour de sa taille, la tirant plus prĂšs de lui. Ses lĂšvres frĂŽlĂšrent son cou, chaudes, insistantes. Sous la couverture, sa main glissa plus bas, tirant lĂ©gĂšrement sur la bretelle de son pyjama. En trois ans de mariage, c’était la seule fois oĂč Tyrone semblait doux. Avec elle, cela ne se passait jamais ailleurs qu’au lit. Et Ă  chaque fois, Aella s’était menti Ă  elle-mĂȘme, se rĂ©pĂ©tant que sa passion signifiait l’amour. Instinctivement, elle attrapa sa main. Pour la premiĂšre fois, elle murmura : — Non. Sa voix Ă©tait Ă©raillĂ©e par les pleurs, mais Ă  ses oreilles, cela sonnait comme du dĂ©sir. Ses baisers s’approfondirent. Il connaissait son corps trop bien, chaque contact calculĂ©, chaque geste maĂźtrisĂ©. Elle ne pouvait pas lutter. Juste au moment oĂč elle allait cĂ©der, son esprit fut envahi par une sĂ©rie d’images. Des feux d’artifice, des roses, un yacht, la plage. La main de Tyrone, celle qui portait son alliance, posĂ©e sur la taille d’une autre femme. Cette lĂ©gende : Pour ceux que j’aime le plus. L’estomac d’Aella se souleva. Elle le repoussa brutalement, roula au bord du lit et eut un haut-le-cƓur. La lumiĂšre s’alluma. L’air de la chambre changea, brusquement, tranchant, glacĂ©. Tyrone se leva et lui frotta doucement le dos. — Tu es malade ? Aella le repoussa et tituba jusqu’à la salle de bain. Elle n’était pas malade, simplement nausĂ©euse. Tyrone fronça les sourcils en la regardant partir, puis descendit lui chercher de l’eau. Il ne remarqua ni ses yeux gonflĂ©s, ni sa voix rauque, ni la coupure bandĂ©e Ă  sa cheville. Lorsqu’il revint, Aella se hissait dĂ©jĂ  de nouveau sous la couette. Il lui tendit le verre. — Demain, je ferai une rĂ©servation, dit-il d’un ton dĂ©tachĂ©. On se rattrapera pour notre anniversaire. Aucune excuse. Aucun remords. Rien de plus. Aella ignora le verre et remonta la couverture. — Ne te donne pas cette peine. Donc il se souvenait bien de leur troisiĂšme anniversaire. Et pourtant, ce soir-lĂ , il avait quand mĂȘme privatisĂ© une plage entiĂšre pour elle et leur fils, et avait passĂ© la soirĂ©e Ă  regarder des feux d’artifice avec eux. Depuis le jour de leur mariage, Aella avait prĂ©parĂ© chaque repas, maintenu la maison impeccable, sans jamais rien demander. Mais pour cette femme et son enfant, Tyrone avait retroussĂ© ses manches et avait lui-mĂȘme fait un gĂąteau. Il avait trompĂ©. Il avait eu un enfant. Il avait menti. Et malgrĂ© tout, il rentrait, la touchait, lui parlait comme si rien de tout cela n’avait d’importance. Il se tenait lĂ , calme, impassible, feignant que rien ne s’était passĂ©. Pour la premiĂšre fois, Aella vit son mari, l’homme qu’elle avait aimĂ© toute sa vie, pour ce qu’il Ă©tait rĂ©ellement. Un hypocrite. Le silence s’abattit sur la chambre, lourd comme du plomb. Puis le tĂ©lĂ©phone de Tyrone s’alluma sur la table de nuit.

Novels-bmb-39
Novels-bmb-39
+1
Inactive3 days
page.joyreadland.com
📚《D'Ă©pouse rĂ©pudiĂ©e Ă  reine》Tous les chapitres gratuitement
Learn more

Chapitre 1 C’est fini Le premier amour de Tyrone Winter, la femme avec qui il avait rompu six ans plus tĂŽt et qu’il n’avait jamais vraiment oubliĂ©e, revint sans prĂ©venir. Et Zera Caldwell ne revint pas seule. Elle avait avec elle un fils de cinq ans. Depuis un mois, Tyrone se rĂ©fugiait derriĂšre des voyages d’affaires, multipliant les dĂ©placements, faisant tout ce qu’il pouvait pour Ă©viter de rentrer chez lui. Ce soir-lĂ  aurait dĂ» ĂȘtre spĂ©cial, leur troisiĂšme anniversaire de mariage. Aella Reid avait dressĂ© la table pour un dĂźner aux chandelles. Elle avait emballĂ© un cadeau. Elle lui avait mĂȘme envoyĂ© un message WhatsApp. À vingt-et-une heures, il n’était toujours pas lĂ . À la place, son tĂ©lĂ©phone vibra. Un appel de sa belle-sƓur, Raine Winter. Sa voix Ă©tait tendue. — Regarde le message que je t’ai envoyĂ©. Aella raccrocha et ouvrit leur conversation. Un seul regard suffit. Son sourire se figea. L’assiette qu’elle tenait glissa de ses doigts et explosa contre le sol. Des Ă©clats de porcelaine lui entaillĂšrent la cheville, traçant de fines lignes rouges sur sa peau. Elle ne broncha pas. Raine lui avait envoyĂ© des captures d’écran d’une publication privĂ©e Instagram de Tyrone. Il avait privatisĂ© toute la Bayline Marina. Sur les photos, il Ă©tait lĂ , avec Zera et son fils, cĂ©lĂ©brant l’anniversaire du petit sous un ciel saturĂ© de feux d’artifice. Aella se pencha, ramassa son tĂ©lĂ©phone et fit dĂ©filer les images une Ă  une, la plage, le yacht, les feux d’artifice, les roses. Puis elle le vit. Tyrone, tenant un petit garçon d’un bras. De l’autre main, celle oĂč brillait encore leur alliance, il enserrait la taille d’une autre femme avec une possessivitĂ© sans Ă©quivoque. Le tableau romantique parfait. La lĂ©gende disait : — Un gĂąteau aux myrtilles que j’ai fait moi-mĂȘme, pour ceux que j’aime le plus. MĂȘme Ă  travers l’écran, cette affection avait quelque chose d’oppressant. L’esprit d’Aella se vida. Elle ne pensait plus. Elle ne respirait plus. Ses mains tremblaient lorsqu’elle ouvrit le profil de Tyrone. Rien. Vide. Elle ouvrit la bouche, mais pendant une longue minute, aucun son n’en sortit. À un moment donnĂ©, il avait masquĂ© toutes ses publications pour elle. C’est Ă  cet instant prĂ©cis que le dernier fragment fragile d’espoir qu’elle nourrissait encore se brisa. MalgrĂ© tout, elle refusa d’abandonner. Elle l’appela. Une fois. Deux fois. À la troisiĂšme tentative, il raccrocha. Puis un unique message s’afficha : — OccupĂ©. Court. Froid. Sans appel. L’impuissance, la colĂšre, la jalousie, le chagrin, tout se noua en elle, la dĂ©chirant de l’intĂ©rieur. Aella s’effondra au sol, agrippant sa tĂȘte, cherchant dĂ©sespĂ©rĂ©ment de l’air. Sa poitrine lui donnait l’impression de se fendre en deux. Elle s’arracha une poignĂ©e de cheveux et cria jusqu’à se brĂ»ler la gorge, avant de s’effondrer en sanglots muets. On frappa Ă  la porte. Elle se força Ă  se relever et ouvrit. Raine se figea. — Aella, ça va ? Des larmes striaient le visage d’Aella. Elle se contenta de secouer la tĂȘte. La mĂąchoire de Raine se crispa. — On y va. On va le trouver, tout de suite. Aella dĂ©glutit et rassembla ce qu’il lui restait de calme. — Non. Je vais gĂ©rer Tyrone moi-mĂȘme. Sa mĂšre venait de subir un pontage et se trouvait encore Ă  l’hĂŽpital. Elle n’avait pas le droit de s’écrouler maintenant. Raine repartit Ă  l’aube. Aella erra dans la villa comme un fantĂŽme, traversant les piĂšces sans vraiment les voir. Elle et Tyrone avaient Ă©tĂ© des amoureux d’enfance. Tout le monde savait qu’elle l’aimait depuis qu’ils Ă©taient enfants. Tout le monde savait aussi que Tyrone n’avait jamais cessĂ© d’aimer quelqu’un d’autre. Il ne l’avait pas Ă©pousĂ©e par amour. Leur mariage Ă©tait un arrangement entre familles. MalgrĂ© tout, aprĂšs trois ans, Aella avait cru que peut-ĂȘtre, si elle aimait assez fort, il finirait par changer, qu’elle parviendrait Ă  rĂ©chauffer son cƓur. À la place de l’amour, elle venait de dĂ©couvrir la preuve de ses retrouvailles grandioses avec son ancienne flamme. Son amour d’enfance, celui avec lequel elle avait grandi, vingt-cinq ans de sa vie, tout venait de partir en fumĂ©e. C’était fini. Elle savait exactement quoi faire ensuite. Mais son cƓur lui faisait si mal que respirer devenait douloureux. La douleur donnait l’impression de la scinder en deux. Insupportable. 
 Cette nuit-lĂ , Tyrone ne rentra toujours pas. Les trois jours suivants, Aella resta Ă  l’hĂŽpital, Ă  veiller sur sa mĂšre, Miriam Reid. Pendant tout ce temps, Tyrone n’appela jamais. Pas mĂȘme un message. Lorsque l’état de sa mĂšre se stabilisa enfin, son pĂšre, Warren, l’exhorta Ă  rentrer chez elle pour se reposer. Tard dans la nuit, Ă  moitiĂ© endormie, Aella entendit la porte de la chambre grincer. De l’eau Ă©claboussa dans la salle de bain. Puis le matelas s’enfonça Ă  cĂŽtĂ© d’elle, et une lĂ©gĂšre odeur de gel douche masculin se rĂ©pandit dans l’air. Avant mĂȘme qu’elle ait le temps de rĂ©agir, elle se trouvait dĂ©jĂ  dans les bras de Tyrone. AprĂšs plus d’un mois, il avait enfin dĂ©cidĂ© de rentrer. Elle ne pouvait qu’imaginer Ă  quel point il avait dĂ» ĂȘtre heureux, avec eux. Sentant son corps se raidir, Tyrone sut qu’elle Ă©tait rĂ©veillĂ©e. Son bras se resserra autour de sa taille, la tirant plus prĂšs de lui. Ses lĂšvres frĂŽlĂšrent son cou, chaudes, insistantes. Sous la couverture, sa main glissa plus bas, tirant lĂ©gĂšrement sur la bretelle de son pyjama. En trois ans de mariage, c’était la seule fois oĂč Tyrone semblait doux. Avec elle, cela ne se passait jamais ailleurs qu’au lit. Et Ă  chaque fois, Aella s’était menti Ă  elle-mĂȘme, se rĂ©pĂ©tant que sa passion signifiait l’amour. Instinctivement, elle attrapa sa main. Pour la premiĂšre fois, elle murmura : — Non. Sa voix Ă©tait Ă©raillĂ©e par les pleurs, mais Ă  ses oreilles, cela sonnait comme du dĂ©sir. Ses baisers s’approfondirent. Il connaissait son corps trop bien, chaque contact calculĂ©, chaque geste maĂźtrisĂ©. Elle ne pouvait pas lutter. Juste au moment oĂč elle allait cĂ©der, son esprit fut envahi par une sĂ©rie d’images. Des feux d’artifice, des roses, un yacht, la plage. La main de Tyrone, celle qui portait son alliance, posĂ©e sur la taille d’une autre femme. Cette lĂ©gende : Pour ceux que j’aime le plus. L’estomac d’Aella se souleva. Elle le repoussa brutalement, roula au bord du lit et eut un haut-le-cƓur. La lumiĂšre s’alluma. L’air de la chambre changea, brusquement, tranchant, glacĂ©. Tyrone se leva et lui frotta doucement le dos. — Tu es malade ? Aella le repoussa et tituba jusqu’à la salle de bain. Elle n’était pas malade, simplement nausĂ©euse. Tyrone fronça les sourcils en la regardant partir, puis descendit lui chercher de l’eau. Il ne remarqua ni ses yeux gonflĂ©s, ni sa voix rauque, ni la coupure bandĂ©e Ă  sa cheville. Lorsqu’il revint, Aella se hissait dĂ©jĂ  de nouveau sous la couette. Il lui tendit le verre. — Demain, je ferai une rĂ©servation, dit-il d’un ton dĂ©tachĂ©. On se rattrapera pour notre anniversaire. Aucune excuse. Aucun remords. Rien de plus. Aella ignora le verre et remonta la couverture. — Ne te donne pas cette peine. Donc il se souvenait bien de leur troisiĂšme anniversaire. Et pourtant, ce soir-lĂ , il avait quand mĂȘme privatisĂ© une plage entiĂšre pour elle et leur fils, et avait passĂ© la soirĂ©e Ă  regarder des feux d’artifice avec eux. Depuis le jour de leur mariage, Aella avait prĂ©parĂ© chaque repas, maintenu la maison impeccable, sans jamais rien demander. Mais pour cette femme et son enfant, Tyrone avait retroussĂ© ses manches et avait lui-mĂȘme fait un gĂąteau. Il avait trompĂ©. Il avait eu un enfant. Il avait menti. Et malgrĂ© tout, il rentrait, la touchait, lui parlait comme si rien de tout cela n’avait d’importance. Il se tenait lĂ , calme, impassible, feignant que rien ne s’était passĂ©. Pour la premiĂšre fois, Aella vit son mari, l’homme qu’elle avait aimĂ© toute sa vie, pour ce qu’il Ă©tait rĂ©ellement. Un hypocrite. Le silence s’abattit sur la chambre, lourd comme du plomb. Puis le tĂ©lĂ©phone de Tyrone s’alluma sur la table de nuit.

Novels-bmb-39
Novels-bmb-39
+1
Inactive3 days
page.joyreadland.com
📚《D'Ă©pouse rĂ©pudiĂ©e Ă  reine》Tous les chapitres gratuitement
Learn more

Chapitre 1 C’est fini Le premier amour de Tyrone Winter, la femme avec qui il avait rompu six ans plus tĂŽt et qu’il n’avait jamais vraiment oubliĂ©e, revint sans prĂ©venir. Et Zera Caldwell ne revint pas seule. Elle avait avec elle un fils de cinq ans. Depuis un mois, Tyrone se rĂ©fugiait derriĂšre des voyages d’affaires, multipliant les dĂ©placements, faisant tout ce qu’il pouvait pour Ă©viter de rentrer chez lui. Ce soir-lĂ  aurait dĂ» ĂȘtre spĂ©cial, leur troisiĂšme anniversaire de mariage. Aella Reid avait dressĂ© la table pour un dĂźner aux chandelles. Elle avait emballĂ© un cadeau. Elle lui avait mĂȘme envoyĂ© un message WhatsApp. À vingt-et-une heures, il n’était toujours pas lĂ . À la place, son tĂ©lĂ©phone vibra. Un appel de sa belle-sƓur, Raine Winter. Sa voix Ă©tait tendue. — Regarde le message que je t’ai envoyĂ©. Aella raccrocha et ouvrit leur conversation. Un seul regard suffit. Son sourire se figea. L’assiette qu’elle tenait glissa de ses doigts et explosa contre le sol. Des Ă©clats de porcelaine lui entaillĂšrent la cheville, traçant de fines lignes rouges sur sa peau. Elle ne broncha pas. Raine lui avait envoyĂ© des captures d’écran d’une publication privĂ©e Instagram de Tyrone. Il avait privatisĂ© toute la Bayline Marina. Sur les photos, il Ă©tait lĂ , avec Zera et son fils, cĂ©lĂ©brant l’anniversaire du petit sous un ciel saturĂ© de feux d’artifice. Aella se pencha, ramassa son tĂ©lĂ©phone et fit dĂ©filer les images une Ă  une, la plage, le yacht, les feux d’artifice, les roses. Puis elle le vit. Tyrone, tenant un petit garçon d’un bras. De l’autre main, celle oĂč brillait encore leur alliance, il enserrait la taille d’une autre femme avec une possessivitĂ© sans Ă©quivoque. Le tableau romantique parfait. La lĂ©gende disait : — Un gĂąteau aux myrtilles que j’ai fait moi-mĂȘme, pour ceux que j’aime le plus. MĂȘme Ă  travers l’écran, cette affection avait quelque chose d’oppressant. L’esprit d’Aella se vida. Elle ne pensait plus. Elle ne respirait plus. Ses mains tremblaient lorsqu’elle ouvrit le profil de Tyrone. Rien. Vide. Elle ouvrit la bouche, mais pendant une longue minute, aucun son n’en sortit. À un moment donnĂ©, il avait masquĂ© toutes ses publications pour elle. C’est Ă  cet instant prĂ©cis que le dernier fragment fragile d’espoir qu’elle nourrissait encore se brisa. MalgrĂ© tout, elle refusa d’abandonner. Elle l’appela. Une fois. Deux fois. À la troisiĂšme tentative, il raccrocha. Puis un unique message s’afficha : — OccupĂ©. Court. Froid. Sans appel. L’impuissance, la colĂšre, la jalousie, le chagrin, tout se noua en elle, la dĂ©chirant de l’intĂ©rieur. Aella s’effondra au sol, agrippant sa tĂȘte, cherchant dĂ©sespĂ©rĂ©ment de l’air. Sa poitrine lui donnait l’impression de se fendre en deux. Elle s’arracha une poignĂ©e de cheveux et cria jusqu’à se brĂ»ler la gorge, avant de s’effondrer en sanglots muets. On frappa Ă  la porte. Elle se força Ă  se relever et ouvrit. Raine se figea. — Aella, ça va ? Des larmes striaient le visage d’Aella. Elle se contenta de secouer la tĂȘte. La mĂąchoire de Raine se crispa. — On y va. On va le trouver, tout de suite. Aella dĂ©glutit et rassembla ce qu’il lui restait de calme. — Non. Je vais gĂ©rer Tyrone moi-mĂȘme. Sa mĂšre venait de subir un pontage et se trouvait encore Ă  l’hĂŽpital. Elle n’avait pas le droit de s’écrouler maintenant. Raine repartit Ă  l’aube. Aella erra dans la villa comme un fantĂŽme, traversant les piĂšces sans vraiment les voir. Elle et Tyrone avaient Ă©tĂ© des amoureux d’enfance. Tout le monde savait qu’elle l’aimait depuis qu’ils Ă©taient enfants. Tout le monde savait aussi que Tyrone n’avait jamais cessĂ© d’aimer quelqu’un d’autre. Il ne l’avait pas Ă©pousĂ©e par amour. Leur mariage Ă©tait un arrangement entre familles. MalgrĂ© tout, aprĂšs trois ans, Aella avait cru que peut-ĂȘtre, si elle aimait assez fort, il finirait par changer, qu’elle parviendrait Ă  rĂ©chauffer son cƓur. À la place de l’amour, elle venait de dĂ©couvrir la preuve de ses retrouvailles grandioses avec son ancienne flamme. Son amour d’enfance, celui avec lequel elle avait grandi, vingt-cinq ans de sa vie, tout venait de partir en fumĂ©e. C’était fini. Elle savait exactement quoi faire ensuite. Mais son cƓur lui faisait si mal que respirer devenait douloureux. La douleur donnait l’impression de la scinder en deux. Insupportable. 
 Cette nuit-lĂ , Tyrone ne rentra toujours pas. Les trois jours suivants, Aella resta Ă  l’hĂŽpital, Ă  veiller sur sa mĂšre, Miriam Reid. Pendant tout ce temps, Tyrone n’appela jamais. Pas mĂȘme un message. Lorsque l’état de sa mĂšre se stabilisa enfin, son pĂšre, Warren, l’exhorta Ă  rentrer chez elle pour se reposer. Tard dans la nuit, Ă  moitiĂ© endormie, Aella entendit la porte de la chambre grincer. De l’eau Ă©claboussa dans la salle de bain. Puis le matelas s’enfonça Ă  cĂŽtĂ© d’elle, et une lĂ©gĂšre odeur de gel douche masculin se rĂ©pandit dans l’air. Avant mĂȘme qu’elle ait le temps de rĂ©agir, elle se trouvait dĂ©jĂ  dans les bras de Tyrone. AprĂšs plus d’un mois, il avait enfin dĂ©cidĂ© de rentrer. Elle ne pouvait qu’imaginer Ă  quel point il avait dĂ» ĂȘtre heureux, avec eux. Sentant son corps se raidir, Tyrone sut qu’elle Ă©tait rĂ©veillĂ©e. Son bras se resserra autour de sa taille, la tirant plus prĂšs de lui. Ses lĂšvres frĂŽlĂšrent son cou, chaudes, insistantes. Sous la couverture, sa main glissa plus bas, tirant lĂ©gĂšrement sur la bretelle de son pyjama. En trois ans de mariage, c’était la seule fois oĂč Tyrone semblait doux. Avec elle, cela ne se passait jamais ailleurs qu’au lit. Et Ă  chaque fois, Aella s’était menti Ă  elle-mĂȘme, se rĂ©pĂ©tant que sa passion signifiait l’amour. Instinctivement, elle attrapa sa main. Pour la premiĂšre fois, elle murmura : — Non. Sa voix Ă©tait Ă©raillĂ©e par les pleurs, mais Ă  ses oreilles, cela sonnait comme du dĂ©sir. Ses baisers s’approfondirent. Il connaissait son corps trop bien, chaque contact calculĂ©, chaque geste maĂźtrisĂ©. Elle ne pouvait pas lutter. Juste au moment oĂč elle allait cĂ©der, son esprit fut envahi par une sĂ©rie d’images. Des feux d’artifice, des roses, un yacht, la plage. La main de Tyrone, celle qui portait son alliance, posĂ©e sur la taille d’une autre femme. Cette lĂ©gende : Pour ceux que j’aime le plus. L’estomac d’Aella se souleva. Elle le repoussa brutalement, roula au bord du lit et eut un haut-le-cƓur. La lumiĂšre s’alluma. L’air de la chambre changea, brusquement, tranchant, glacĂ©. Tyrone se leva et lui frotta doucement le dos. — Tu es malade ? Aella le repoussa et tituba jusqu’à la salle de bain. Elle n’était pas malade, simplement nausĂ©euse. Tyrone fronça les sourcils en la regardant partir, puis descendit lui chercher de l’eau. Il ne remarqua ni ses yeux gonflĂ©s, ni sa voix rauque, ni la coupure bandĂ©e Ă  sa cheville. Lorsqu’il revint, Aella se hissait dĂ©jĂ  de nouveau sous la couette. Il lui tendit le verre. — Demain, je ferai une rĂ©servation, dit-il d’un ton dĂ©tachĂ©. On se rattrapera pour notre anniversaire. Aucune excuse. Aucun remords. Rien de plus. Aella ignora le verre et remonta la couverture. — Ne te donne pas cette peine. Donc il se souvenait bien de leur troisiĂšme anniversaire. Et pourtant, ce soir-lĂ , il avait quand mĂȘme privatisĂ© une plage entiĂšre pour elle et leur fils, et avait passĂ© la soirĂ©e Ă  regarder des feux d’artifice avec eux. Depuis le jour de leur mariage, Aella avait prĂ©parĂ© chaque repas, maintenu la maison impeccable, sans jamais rien demander. Mais pour cette femme et son enfant, Tyrone avait retroussĂ© ses manches et avait lui-mĂȘme fait un gĂąteau. Il avait trompĂ©. Il avait eu un enfant. Il avait menti. Et malgrĂ© tout, il rentrait, la touchait, lui parlait comme si rien de tout cela n’avait d’importance. Il se tenait lĂ , calme, impassible, feignant que rien ne s’était passĂ©. Pour la premiĂšre fois, Aella vit son mari, l’homme qu’elle avait aimĂ© toute sa vie, pour ce qu’il Ă©tait rĂ©ellement. Un hypocrite. Le silence s’abattit sur la chambre, lourd comme du plomb. Puis le tĂ©lĂ©phone de Tyrone s’alluma sur la table de nuit.

See all 2,500 ads

Create a free account to unlock every creative, video and landing page.

Sign up free

Brands like Novels-bmb-39

Other active advertisers in travel

Novels-bmb-39 ads: frequently asked questions

How many Facebook ads does Novels-bmb-39 run?+

We have tracked 2,500 ads from Novels-bmb-39, and 0 are active right now.

Where does Novels-bmb-39 advertise?+

Their ads run across Meta placements. Country targeting is shown when Meta discloses it.

Is Novels-bmb-39 still advertising?+

Not at the moment. Their most recent ad started on Feb 17, 2026.

How can I track Novels-bmb-39's new ads?+

Create a free account and press Track this brand. Every new travel ad they launch will appear in your tracker.

Free plan, no card needed

Track Novels-bmb-39 automatically

Get every new ad they launch in your tracker, with creatives, copy and landing pages.

Start free