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Chapter 1 Retardons le certificat de mariage — Je t’épouse. Debout devant les portes closes de la mairie, Wynette Jewell fixa l’entrĂ©e dĂ©serte et sortit son tĂ©lĂ©phone. Aujourd’hui, Noah Shepherd et elle Ă©taient censĂ©s aller retirer leur certificat de mariage. Elle avait attendu de 9 h Ă  17 h 30. Noah n’était jamais venu. C’était lui qui avait proposĂ© d’aller le chercher. Et c’était encore lui qui l’avait plantĂ©e. Pour la troisiĂšme fois. Wynette finit par abandonner et appela aussitĂŽt le plus grand rival de Noah : Adriel Gallagher. Elle se souvenait encore de la premiĂšre fois oĂč on l’avait laissĂ©e en plan Ă  la mairie. C’était ce jour-lĂ  qu’Adriel lui avait demandĂ© de l’épouser. Elle avait refusĂ©. La deuxiĂšme fois s’était terminĂ©e pareil. Et ce matin, Adriel lui avait encore envoyĂ© un message. Il lui avait demandĂ© de l’épouser. Cette fois, elle avait dit oui. Il y a quelques minutes Ă  peine, elle avait vu une nouvelle publication sur Instagram. De la premiĂšre femme que Noah avait aimĂ©e. Sur la photo, Noah Ă©tait assis bien droit Ă  une table, en train de couper une pomme avec soin. La lĂ©gende disait : — Chaque fois que j’ai besoin de lui, il est lĂ . VoilĂ  ce que ça fait d’ĂȘtre choisie. VoilĂ  ma paix intĂ©rieure. Wynette laissa Ă©chapper un petit rire moqueur. Elle appuya sur J’aime et commenta : [LiĂ©s pour la vie. Je vous souhaite l’éternitĂ© Ă  tous les deux.] À sa surprise, elle ne ressentit rien. Avant, elle aurait fait une capture d’écran et serait allĂ©e voir Noah en furie, exigeant des explications. Ça aurait fini en dispute violente. Et ça se terminait toujours par lui qui claquait la porte en partant. Mais lĂ , elle n’avait mĂȘme plus l’énergie d’ĂȘtre en colĂšre. Elle ne le voulait plus. Une voix Ă  l’autre bout du fil la ramena Ă  elle. — Je suis en dĂ©placement. Je rentre dans une semaine. Si tu le veux toujours, 9 h. Je t’attendrai Ă  la mairie. Les mots d’Adriel rĂ©sonnĂšrent Ă  son oreille. Ce n’est qu’à ce moment-lĂ  qu’elle comprit pourquoi l’homme qui, autrefois, l’avait attendue devant la mairie pour la demander en mariage, s’était contentĂ© aujourd’hui d’un simple message. Une semaine. Elle n’était pas idiote. Il lui laissait du temps : pour rĂ©gler les choses avec Noah, et pour se rĂ©tracter si elle changeait d’avis. — Je t’attendrai, murmura Wynette. Elle raccrocha et rentra en voiture. Elle vivait dans un condominium au charme vintage, en plein centre-ville. Quand Noah l’avait appris, il avait achetĂ© l’unitĂ© voisine et fait abattre le mur pour rĂ©unir les deux. MĂȘme sous le mĂȘme toit, ils avaient chacun leur espace. Quand Noah avait achetĂ© le condominium, il l’avait mis au nom de Wynette. Elle balaya l’immense appartement du regard. Chaque recoin portait la trace de leur relation : des photos, des objets assortis de couple, et mĂȘme l’amĂ©nagement avait Ă©tĂ© pensĂ© selon ses goĂ»ts Ă  lui. Ce qui avait ressemblĂ© au bonheur lui paraissait dĂ©sormais une farce. Il ne lui fallut que quelques heures pour rassembler tout ce qui avait un lien avec Noah et elle. Elle entassa le tout dans le dĂ©barras, dĂ©cidĂ©e Ă  tout jeter le lendemain. Face au condominium dĂ©sormais Ă  moitiĂ© vide, elle appela un agent immobilier et lui demanda de le mettre en vente. Si elle le laissait partir, il n’y avait aucune raison de garder quoi que ce soit qui la reliait Ă  lui. — Oui. Le prix m’importe peu. Je veux juste que ça parte vite, dit-elle d’un ton ferme quand l’agent hĂ©sita. — Vendre quoi ? Une voix familiĂšre s’éleva derriĂšre elle. Wynette se raidit. Elle raccrocha et se retourna. Noah — absent toute la journĂ©e — se tenait lĂ . — Une amie vend sa maison. Elle m’a demandĂ© un coup de main, rĂ©pondit-elle avec dĂ©sinvolture. Puis elle remarqua Lorelei Barlow derriĂšre lui. Son expression s’assombrit. Noah ignora la rĂ©ponse de Wynette et dĂ©clara, froidement : — La dĂ©pression de Lorelei a rechutĂ©. Je ne suis pas Ă  l’aise Ă  l’idĂ©e de la laisser seule, alors elle va rester ici quelques jours. PrĂ©pare la chambre d’amis. Pendant qu’il parlait, Lorelei s’agrippait nerveusement Ă  son bras, jetant Ă  Wynette un regard timide. — Noah, si ça dĂ©range, laisse tomber
 Wynette n’a pas l’air trĂšs contente. Une seule phrase, et la faute retombait dĂ©jĂ  sur Wynette — qui n’avait mĂȘme pas ouvert la bouche. Le visage de Noah se glaça. — Wynette, tes caprices ont des limites. Tu sais que Lorelei ne va pas bien, et pourtant tu as laissĂ© un commentaire pareil sous sa publication. Il enchaĂźna, sans lui laisser le temps de rĂ©pondre : — Et maintenant tu refuses mĂȘme qu’elle reste ici ? Depuis quand tu es devenue aussi dĂ©raisonnable ? Je n’aime pas les femmes mesquines. Il la coupa net. — N’oublie pas que c’est aussi chez moi. J’ai le droit d’hĂ©berger qui je veux. Je t’informe, je ne te demande pas la permission. Wynette n’avait pas prononcĂ© un mot, et pourtant elle Ă©tait dĂ©jĂ  la mĂ©chante. Elle faillit rire. — Fais comme tu veux. Il avait dĂ» oublier : le condominium Ă©tait Ă  son nom. Mais s’il voulait que Lorelei reste, elle n’avait aucune envie de se battre pour ça. Elle se tourna et monta Ă  l’étage. Avec Lorelei dans les parages, l’attention de Noah ne se poserait jamais sur elle. Comme maintenant : il n’expliquait mĂȘme pas pourquoi il avait ratĂ© le rendez-vous. Tout ce qui l’occupait, c’était d’installer Lorelei. Il avait probablement oubliĂ© qu’ils Ă©taient censĂ©s aller chercher leur certificat de mariage aujourd’hui. Wynette n’attendait plus rien. AprĂšs sa douche, elle entendit des voix dans la piĂšce voisine. Noah avait cĂ©dĂ© la chambre principale Ă  Lorelei. Elle ne ressentit rien. MĂȘme s’ils dormaient ensemble, elle ne serait pas surprise. Elle pouvait l’accepter calmement. Une fois qu’elle l’avait lĂąchĂ©, ce qu’elle ne supportait pas autrefois n’avait plus d’importance. Elle s’en fichait vraiment. Elle se força Ă  se recentrer et glissa bientĂŽt vers le sommeil. Au moment oĂč elle allait s’endormir, elle sentit le matelas s’enfoncer. Une seconde plus tard, on la tira dans une Ă©treinte chaude. Son corps se crispa lĂ©gĂšrement. Noah l’enlaça Ă©troitement, enfouissant son visage dans son cou. — Je suis dĂ©solĂ©. Je ne voulais pas rater aujourd’hui. L’état de Lorelei est vraiment grave. Si j’étais arrivĂ© plus tard, elle n’aurait peut-ĂȘtre pas survĂ©cu. Il continua, la voix basse : — Wynette, je suis tout ce qu’elle a. Je ne peux pas l’abandonner. On va repousser le certificat. Quand elle ira mieux, on ira le chercher. — Je te ferai un mariage grandiose, je te le promets. Pendant qu’elle est ici, ne complique pas les choses. On s’occupe d’elle d’abord, d’accord ? Je me rattraperai. Il repoussait encore le certificat de mariage
 Ă  cause de Lorelei. Wynette resta calme. Un sourire lĂ©ger, moqueur, effleura ses lĂšvres. Chaque mot tournait autour de Lorelei. MĂȘme quand il baissait la voix, c’était pour s’assurer que Lorelei ne serait pas « embĂȘtĂ©e » par elle. Elle avait prĂ©vu de faire semblant de dormir, mais ĂȘtre tenue par lui lui donnait la nausĂ©e. Sans bruit, elle se dĂ©gagea de ses bras et lui tourna le dos. — Ce qu’il y a entre Lorelei et toi ne me regarde pas. Fais ce que tu veux. Tu n’as pas besoin de te justifier auprĂšs de moi. — Wynette. Son ton Ă©tait irritĂ©. Pour lui, ce n’était encore qu’une crise de jalousie. DĂšs que Lorelei Ă©tait impliquĂ©e, Wynette avait toujours cette pointe de sarcasme. Il estimait s’ĂȘtre dĂ©jĂ  assez rabaissĂ©. Si elle continuait, c’était puĂ©ril. Elle entendit la colĂšre dans sa voix, mais ne se retourna pas. Ça ne fit que l’énerver davantage. Il bondit hors du lit, le visage sombre, prĂȘt Ă  la sermonner. Mais avant qu’il ne puisse parler, la porte de la chambre s’ouvrit Ă  la volĂ©e. Une silhouette se prĂ©cipita et le serra fort par-derriĂšre.

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 Wynette n’a pas l’air trĂšs contente. Une seule phrase, et la faute retombait dĂ©jĂ  sur Wynette — qui n’avait mĂȘme pas ouvert la bouche. Le visage de Noah se glaça. — Wynette, tes caprices ont des limites. Tu sais que Lorelei ne va pas bien, et pourtant tu as laissĂ© un commentaire pareil sous sa publication. Il enchaĂźna, sans lui laisser le temps de rĂ©pondre : — Et maintenant tu refuses mĂȘme qu’elle reste ici ? Depuis quand tu es devenue aussi dĂ©raisonnable ? Je n’aime pas les femmes mesquines. Il la coupa net. — N’oublie pas que c’est aussi chez moi. J’ai le droit d’hĂ©berger qui je veux. Je t’informe, je ne te demande pas la permission. Wynette n’avait pas prononcĂ© un mot, et pourtant elle Ă©tait dĂ©jĂ  la mĂ©chante. Elle faillit rire. — Fais comme tu veux. Il avait dĂ» oublier : le condominium Ă©tait Ă  son nom. Mais s’il voulait que Lorelei reste, elle n’avait aucune envie de se battre pour ça. Elle se tourna et monta Ă  l’étage. Avec Lorelei dans les parages, l’attention de Noah ne se poserait jamais sur elle. Comme maintenant : il n’expliquait mĂȘme pas pourquoi il avait ratĂ© le rendez-vous. Tout ce qui l’occupait, c’était d’installer Lorelei. Il avait probablement oubliĂ© qu’ils Ă©taient censĂ©s aller chercher leur certificat de mariage aujourd’hui. Wynette n’attendait plus rien. AprĂšs sa douche, elle entendit des voix dans la piĂšce voisine. Noah avait cĂ©dĂ© la chambre principale Ă  Lorelei. Elle ne ressentit rien. MĂȘme s’ils dormaient ensemble, elle ne serait pas surprise. Elle pouvait l’accepter calmement. Une fois qu’elle l’avait lĂąchĂ©, ce qu’elle ne supportait pas autrefois n’avait plus d’importance. Elle s’en fichait vraiment. Elle se força Ă  se recentrer et glissa bientĂŽt vers le sommeil. Au moment oĂč elle allait s’endormir, elle sentit le matelas s’enfoncer. Une seconde plus tard, on la tira dans une Ă©treinte chaude. Son corps se crispa lĂ©gĂšrement. Noah l’enlaça Ă©troitement, enfouissant son visage dans son cou. — Je suis dĂ©solĂ©. Je ne voulais pas rater aujourd’hui. L’état de Lorelei est vraiment grave. Si j’étais arrivĂ© plus tard, elle n’aurait peut-ĂȘtre pas survĂ©cu. Il continua, la voix basse : — Wynette, je suis tout ce qu’elle a. Je ne peux pas l’abandonner. On va repousser le certificat. Quand elle ira mieux, on ira le chercher. — Je te ferai un mariage grandiose, je te le promets. Pendant qu’elle est ici, ne complique pas les choses. On s’occupe d’elle d’abord, d’accord ? Je me rattraperai. Il repoussait encore le certificat de mariage
 Ă  cause de Lorelei. Wynette resta calme. Un sourire lĂ©ger, moqueur, effleura ses lĂšvres. Chaque mot tournait autour de Lorelei. MĂȘme quand il baissait la voix, c’était pour s’assurer que Lorelei ne serait pas « embĂȘtĂ©e » par elle. Elle avait prĂ©vu de faire semblant de dormir, mais ĂȘtre tenue par lui lui donnait la nausĂ©e. Sans bruit, elle se dĂ©gagea de ses bras et lui tourna le dos. — Ce qu’il y a entre Lorelei et toi ne me regarde pas. Fais ce que tu veux. Tu n’as pas besoin de te justifier auprĂšs de moi. — Wynette. Son ton Ă©tait irritĂ©. Pour lui, ce n’était encore qu’une crise de jalousie. DĂšs que Lorelei Ă©tait impliquĂ©e, Wynette avait toujours cette pointe de sarcasme. Il estimait s’ĂȘtre dĂ©jĂ  assez rabaissĂ©. Si elle continuait, c’était puĂ©ril. Elle entendit la colĂšre dans sa voix, mais ne se retourna pas. Ça ne fit que l’énerver davantage. Il bondit hors du lit, le visage sombre, prĂȘt Ă  la sermonner. Mais avant qu’il ne puisse parler, la porte de la chambre s’ouvrit Ă  la volĂ©e. Une silhouette se prĂ©cipita et le serra fort par-derriĂšre.

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 Wynette n’a pas l’air trĂšs contente. Une seule phrase, et la faute retombait dĂ©jĂ  sur Wynette — qui n’avait mĂȘme pas ouvert la bouche. Le visage de Noah se glaça. — Wynette, tes caprices ont des limites. Tu sais que Lorelei ne va pas bien, et pourtant tu as laissĂ© un commentaire pareil sous sa publication. Il enchaĂźna, sans lui laisser le temps de rĂ©pondre : — Et maintenant tu refuses mĂȘme qu’elle reste ici ? Depuis quand tu es devenue aussi dĂ©raisonnable ? Je n’aime pas les femmes mesquines. Il la coupa net. — N’oublie pas que c’est aussi chez moi. J’ai le droit d’hĂ©berger qui je veux. Je t’informe, je ne te demande pas la permission. Wynette n’avait pas prononcĂ© un mot, et pourtant elle Ă©tait dĂ©jĂ  la mĂ©chante. Elle faillit rire. — Fais comme tu veux. Il avait dĂ» oublier : le condominium Ă©tait Ă  son nom. Mais s’il voulait que Lorelei reste, elle n’avait aucune envie de se battre pour ça. Elle se tourna et monta Ă  l’étage. Avec Lorelei dans les parages, l’attention de Noah ne se poserait jamais sur elle. Comme maintenant : il n’expliquait mĂȘme pas pourquoi il avait ratĂ© le rendez-vous. Tout ce qui l’occupait, c’était d’installer Lorelei. Il avait probablement oubliĂ© qu’ils Ă©taient censĂ©s aller chercher leur certificat de mariage aujourd’hui. Wynette n’attendait plus rien. AprĂšs sa douche, elle entendit des voix dans la piĂšce voisine. Noah avait cĂ©dĂ© la chambre principale Ă  Lorelei. Elle ne ressentit rien. MĂȘme s’ils dormaient ensemble, elle ne serait pas surprise. Elle pouvait l’accepter calmement. Une fois qu’elle l’avait lĂąchĂ©, ce qu’elle ne supportait pas autrefois n’avait plus d’importance. Elle s’en fichait vraiment. Elle se força Ă  se recentrer et glissa bientĂŽt vers le sommeil. Au moment oĂč elle allait s’endormir, elle sentit le matelas s’enfoncer. Une seconde plus tard, on la tira dans une Ă©treinte chaude. Son corps se crispa lĂ©gĂšrement. Noah l’enlaça Ă©troitement, enfouissant son visage dans son cou. — Je suis dĂ©solĂ©. Je ne voulais pas rater aujourd’hui. L’état de Lorelei est vraiment grave. Si j’étais arrivĂ© plus tard, elle n’aurait peut-ĂȘtre pas survĂ©cu. Il continua, la voix basse : — Wynette, je suis tout ce qu’elle a. Je ne peux pas l’abandonner. On va repousser le certificat. Quand elle ira mieux, on ira le chercher. — Je te ferai un mariage grandiose, je te le promets. Pendant qu’elle est ici, ne complique pas les choses. On s’occupe d’elle d’abord, d’accord ? Je me rattraperai. Il repoussait encore le certificat de mariage
 Ă  cause de Lorelei. Wynette resta calme. Un sourire lĂ©ger, moqueur, effleura ses lĂšvres. Chaque mot tournait autour de Lorelei. MĂȘme quand il baissait la voix, c’était pour s’assurer que Lorelei ne serait pas « embĂȘtĂ©e » par elle. Elle avait prĂ©vu de faire semblant de dormir, mais ĂȘtre tenue par lui lui donnait la nausĂ©e. Sans bruit, elle se dĂ©gagea de ses bras et lui tourna le dos. — Ce qu’il y a entre Lorelei et toi ne me regarde pas. Fais ce que tu veux. Tu n’as pas besoin de te justifier auprĂšs de moi. — Wynette. Son ton Ă©tait irritĂ©. Pour lui, ce n’était encore qu’une crise de jalousie. DĂšs que Lorelei Ă©tait impliquĂ©e, Wynette avait toujours cette pointe de sarcasme. Il estimait s’ĂȘtre dĂ©jĂ  assez rabaissĂ©. Si elle continuait, c’était puĂ©ril. Elle entendit la colĂšre dans sa voix, mais ne se retourna pas. Ça ne fit que l’énerver davantage. Il bondit hors du lit, le visage sombre, prĂȘt Ă  la sermonner. Mais avant qu’il ne puisse parler, la porte de la chambre s’ouvrit Ă  la volĂ©e. Une silhouette se prĂ©cipita et le serra fort par-derriĂšre.

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Chapter 1 Retardons le certificat de mariage — Je t’épouse. Debout devant les portes closes de la mairie, Wynette Jewell fixa l’entrĂ©e dĂ©serte et sortit son tĂ©lĂ©phone. Aujourd’hui, Noah Shepherd et elle Ă©taient censĂ©s aller retirer leur certificat de mariage. Elle avait attendu de 9 h Ă  17 h 30. Noah n’était jamais venu. C’était lui qui avait proposĂ© d’aller le chercher. Et c’était encore lui qui l’avait plantĂ©e. Pour la troisiĂšme fois. Wynette finit par abandonner et appela aussitĂŽt le plus grand rival de Noah : Adriel Gallagher. Elle se souvenait encore de la premiĂšre fois oĂč on l’avait laissĂ©e en plan Ă  la mairie. C’était ce jour-lĂ  qu’Adriel lui avait demandĂ© de l’épouser. Elle avait refusĂ©. La deuxiĂšme fois s’était terminĂ©e pareil. Et ce matin, Adriel lui avait encore envoyĂ© un message. Il lui avait demandĂ© de l’épouser. Cette fois, elle avait dit oui. Il y a quelques minutes Ă  peine, elle avait vu une nouvelle publication sur Instagram. De la premiĂšre femme que Noah avait aimĂ©e. Sur la photo, Noah Ă©tait assis bien droit Ă  une table, en train de couper une pomme avec soin. La lĂ©gende disait : — Chaque fois que j’ai besoin de lui, il est lĂ . VoilĂ  ce que ça fait d’ĂȘtre choisie. VoilĂ  ma paix intĂ©rieure. Wynette laissa Ă©chapper un petit rire moqueur. Elle appuya sur J’aime et commenta : [LiĂ©s pour la vie. Je vous souhaite l’éternitĂ© Ă  tous les deux.] À sa surprise, elle ne ressentit rien. Avant, elle aurait fait une capture d’écran et serait allĂ©e voir Noah en furie, exigeant des explications. Ça aurait fini en dispute violente. Et ça se terminait toujours par lui qui claquait la porte en partant. Mais lĂ , elle n’avait mĂȘme plus l’énergie d’ĂȘtre en colĂšre. Elle ne le voulait plus. Une voix Ă  l’autre bout du fil la ramena Ă  elle. — Je suis en dĂ©placement. Je rentre dans une semaine. Si tu le veux toujours, 9 h. Je t’attendrai Ă  la mairie. Les mots d’Adriel rĂ©sonnĂšrent Ă  son oreille. Ce n’est qu’à ce moment-lĂ  qu’elle comprit pourquoi l’homme qui, autrefois, l’avait attendue devant la mairie pour la demander en mariage, s’était contentĂ© aujourd’hui d’un simple message. Une semaine. Elle n’était pas idiote. Il lui laissait du temps : pour rĂ©gler les choses avec Noah, et pour se rĂ©tracter si elle changeait d’avis. — Je t’attendrai, murmura Wynette. Elle raccrocha et rentra en voiture. Elle vivait dans un condominium au charme vintage, en plein centre-ville. Quand Noah l’avait appris, il avait achetĂ© l’unitĂ© voisine et fait abattre le mur pour rĂ©unir les deux. MĂȘme sous le mĂȘme toit, ils avaient chacun leur espace. Quand Noah avait achetĂ© le condominium, il l’avait mis au nom de Wynette. Elle balaya l’immense appartement du regard. Chaque recoin portait la trace de leur relation : des photos, des objets assortis de couple, et mĂȘme l’amĂ©nagement avait Ă©tĂ© pensĂ© selon ses goĂ»ts Ă  lui. Ce qui avait ressemblĂ© au bonheur lui paraissait dĂ©sormais une farce. Il ne lui fallut que quelques heures pour rassembler tout ce qui avait un lien avec Noah et elle. Elle entassa le tout dans le dĂ©barras, dĂ©cidĂ©e Ă  tout jeter le lendemain. Face au condominium dĂ©sormais Ă  moitiĂ© vide, elle appela un agent immobilier et lui demanda de le mettre en vente. Si elle le laissait partir, il n’y avait aucune raison de garder quoi que ce soit qui la reliait Ă  lui. — Oui. Le prix m’importe peu. Je veux juste que ça parte vite, dit-elle d’un ton ferme quand l’agent hĂ©sita. — Vendre quoi ? Une voix familiĂšre s’éleva derriĂšre elle. Wynette se raidit. Elle raccrocha et se retourna. Noah — absent toute la journĂ©e — se tenait lĂ . — Une amie vend sa maison. Elle m’a demandĂ© un coup de main, rĂ©pondit-elle avec dĂ©sinvolture. Puis elle remarqua Lorelei Barlow derriĂšre lui. Son expression s’assombrit. Noah ignora la rĂ©ponse de Wynette et dĂ©clara, froidement : — La dĂ©pression de Lorelei a rechutĂ©. Je ne suis pas Ă  l’aise Ă  l’idĂ©e de la laisser seule, alors elle va rester ici quelques jours. PrĂ©pare la chambre d’amis. Pendant qu’il parlait, Lorelei s’agrippait nerveusement Ă  son bras, jetant Ă  Wynette un regard timide. — Noah, si ça dĂ©range, laisse tomber
 Wynette n’a pas l’air trĂšs contente. Une seule phrase, et la faute retombait dĂ©jĂ  sur Wynette — qui n’avait mĂȘme pas ouvert la bouche. Le visage de Noah se glaça. — Wynette, tes caprices ont des limites. Tu sais que Lorelei ne va pas bien, et pourtant tu as laissĂ© un commentaire pareil sous sa publication. Il enchaĂźna, sans lui laisser le temps de rĂ©pondre : — Et maintenant tu refuses mĂȘme qu’elle reste ici ? Depuis quand tu es devenue aussi dĂ©raisonnable ? Je n’aime pas les femmes mesquines. Il la coupa net. — N’oublie pas que c’est aussi chez moi. J’ai le droit d’hĂ©berger qui je veux. Je t’informe, je ne te demande pas la permission. Wynette n’avait pas prononcĂ© un mot, et pourtant elle Ă©tait dĂ©jĂ  la mĂ©chante. Elle faillit rire. — Fais comme tu veux. Il avait dĂ» oublier : le condominium Ă©tait Ă  son nom. Mais s’il voulait que Lorelei reste, elle n’avait aucune envie de se battre pour ça. Elle se tourna et monta Ă  l’étage. Avec Lorelei dans les parages, l’attention de Noah ne se poserait jamais sur elle. Comme maintenant : il n’expliquait mĂȘme pas pourquoi il avait ratĂ© le rendez-vous. Tout ce qui l’occupait, c’était d’installer Lorelei. Il avait probablement oubliĂ© qu’ils Ă©taient censĂ©s aller chercher leur certificat de mariage aujourd’hui. Wynette n’attendait plus rien. AprĂšs sa douche, elle entendit des voix dans la piĂšce voisine. Noah avait cĂ©dĂ© la chambre principale Ă  Lorelei. Elle ne ressentit rien. MĂȘme s’ils dormaient ensemble, elle ne serait pas surprise. Elle pouvait l’accepter calmement. Une fois qu’elle l’avait lĂąchĂ©, ce qu’elle ne supportait pas autrefois n’avait plus d’importance. Elle s’en fichait vraiment. Elle se força Ă  se recentrer et glissa bientĂŽt vers le sommeil. Au moment oĂč elle allait s’endormir, elle sentit le matelas s’enfoncer. Une seconde plus tard, on la tira dans une Ă©treinte chaude. Son corps se crispa lĂ©gĂšrement. Noah l’enlaça Ă©troitement, enfouissant son visage dans son cou. — Je suis dĂ©solĂ©. Je ne voulais pas rater aujourd’hui. L’état de Lorelei est vraiment grave. Si j’étais arrivĂ© plus tard, elle n’aurait peut-ĂȘtre pas survĂ©cu. Il continua, la voix basse : — Wynette, je suis tout ce qu’elle a. Je ne peux pas l’abandonner. On va repousser le certificat. Quand elle ira mieux, on ira le chercher. — Je te ferai un mariage grandiose, je te le promets. Pendant qu’elle est ici, ne complique pas les choses. On s’occupe d’elle d’abord, d’accord ? Je me rattraperai. Il repoussait encore le certificat de mariage
 Ă  cause de Lorelei. Wynette resta calme. Un sourire lĂ©ger, moqueur, effleura ses lĂšvres. Chaque mot tournait autour de Lorelei. MĂȘme quand il baissait la voix, c’était pour s’assurer que Lorelei ne serait pas « embĂȘtĂ©e » par elle. Elle avait prĂ©vu de faire semblant de dormir, mais ĂȘtre tenue par lui lui donnait la nausĂ©e. Sans bruit, elle se dĂ©gagea de ses bras et lui tourna le dos. — Ce qu’il y a entre Lorelei et toi ne me regarde pas. Fais ce que tu veux. Tu n’as pas besoin de te justifier auprĂšs de moi. — Wynette. Son ton Ă©tait irritĂ©. Pour lui, ce n’était encore qu’une crise de jalousie. DĂšs que Lorelei Ă©tait impliquĂ©e, Wynette avait toujours cette pointe de sarcasme. Il estimait s’ĂȘtre dĂ©jĂ  assez rabaissĂ©. Si elle continuait, c’était puĂ©ril. Elle entendit la colĂšre dans sa voix, mais ne se retourna pas. Ça ne fit que l’énerver davantage. Il bondit hors du lit, le visage sombre, prĂȘt Ă  la sermonner. Mais avant qu’il ne puisse parler, la porte de la chambre s’ouvrit Ă  la volĂ©e. Une silhouette se prĂ©cipita et le serra fort par-derriĂšre.

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 Wynette n’a pas l’air trĂšs contente. Une seule phrase, et la faute retombait dĂ©jĂ  sur Wynette — qui n’avait mĂȘme pas ouvert la bouche. Le visage de Noah se glaça. — Wynette, tes caprices ont des limites. Tu sais que Lorelei ne va pas bien, et pourtant tu as laissĂ© un commentaire pareil sous sa publication. Il enchaĂźna, sans lui laisser le temps de rĂ©pondre : — Et maintenant tu refuses mĂȘme qu’elle reste ici ? Depuis quand tu es devenue aussi dĂ©raisonnable ? Je n’aime pas les femmes mesquines. Il la coupa net. — N’oublie pas que c’est aussi chez moi. J’ai le droit d’hĂ©berger qui je veux. Je t’informe, je ne te demande pas la permission. Wynette n’avait pas prononcĂ© un mot, et pourtant elle Ă©tait dĂ©jĂ  la mĂ©chante. Elle faillit rire. — Fais comme tu veux. Il avait dĂ» oublier : le condominium Ă©tait Ă  son nom. Mais s’il voulait que Lorelei reste, elle n’avait aucune envie de se battre pour ça. Elle se tourna et monta Ă  l’étage. Avec Lorelei dans les parages, l’attention de Noah ne se poserait jamais sur elle. Comme maintenant : il n’expliquait mĂȘme pas pourquoi il avait ratĂ© le rendez-vous. Tout ce qui l’occupait, c’était d’installer Lorelei. Il avait probablement oubliĂ© qu’ils Ă©taient censĂ©s aller chercher leur certificat de mariage aujourd’hui. Wynette n’attendait plus rien. AprĂšs sa douche, elle entendit des voix dans la piĂšce voisine. Noah avait cĂ©dĂ© la chambre principale Ă  Lorelei. Elle ne ressentit rien. MĂȘme s’ils dormaient ensemble, elle ne serait pas surprise. Elle pouvait l’accepter calmement. Une fois qu’elle l’avait lĂąchĂ©, ce qu’elle ne supportait pas autrefois n’avait plus d’importance. Elle s’en fichait vraiment. Elle se força Ă  se recentrer et glissa bientĂŽt vers le sommeil. Au moment oĂč elle allait s’endormir, elle sentit le matelas s’enfoncer. Une seconde plus tard, on la tira dans une Ă©treinte chaude. Son corps se crispa lĂ©gĂšrement. Noah l’enlaça Ă©troitement, enfouissant son visage dans son cou. — Je suis dĂ©solĂ©. Je ne voulais pas rater aujourd’hui. L’état de Lorelei est vraiment grave. Si j’étais arrivĂ© plus tard, elle n’aurait peut-ĂȘtre pas survĂ©cu. Il continua, la voix basse : — Wynette, je suis tout ce qu’elle a. Je ne peux pas l’abandonner. On va repousser le certificat. Quand elle ira mieux, on ira le chercher. — Je te ferai un mariage grandiose, je te le promets. Pendant qu’elle est ici, ne complique pas les choses. On s’occupe d’elle d’abord, d’accord ? Je me rattraperai. Il repoussait encore le certificat de mariage
 Ă  cause de Lorelei. Wynette resta calme. Un sourire lĂ©ger, moqueur, effleura ses lĂšvres. Chaque mot tournait autour de Lorelei. MĂȘme quand il baissait la voix, c’était pour s’assurer que Lorelei ne serait pas « embĂȘtĂ©e » par elle. Elle avait prĂ©vu de faire semblant de dormir, mais ĂȘtre tenue par lui lui donnait la nausĂ©e. Sans bruit, elle se dĂ©gagea de ses bras et lui tourna le dos. — Ce qu’il y a entre Lorelei et toi ne me regarde pas. Fais ce que tu veux. Tu n’as pas besoin de te justifier auprĂšs de moi. — Wynette. Son ton Ă©tait irritĂ©. Pour lui, ce n’était encore qu’une crise de jalousie. DĂšs que Lorelei Ă©tait impliquĂ©e, Wynette avait toujours cette pointe de sarcasme. Il estimait s’ĂȘtre dĂ©jĂ  assez rabaissĂ©. Si elle continuait, c’était puĂ©ril. Elle entendit la colĂšre dans sa voix, mais ne se retourna pas. Ça ne fit que l’énerver davantage. Il bondit hors du lit, le visage sombre, prĂȘt Ă  la sermonner. Mais avant qu’il ne puisse parler, la porte de la chambre s’ouvrit Ă  la volĂ©e. Une silhouette se prĂ©cipita et le serra fort par-derriĂšre.

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 Wynette n’a pas l’air trĂšs contente. Une seule phrase, et la faute retombait dĂ©jĂ  sur Wynette — qui n’avait mĂȘme pas ouvert la bouche. Le visage de Noah se glaça. — Wynette, tes caprices ont des limites. Tu sais que Lorelei ne va pas bien, et pourtant tu as laissĂ© un commentaire pareil sous sa publication. Il enchaĂźna, sans lui laisser le temps de rĂ©pondre : — Et maintenant tu refuses mĂȘme qu’elle reste ici ? Depuis quand tu es devenue aussi dĂ©raisonnable ? Je n’aime pas les femmes mesquines. Il la coupa net. — N’oublie pas que c’est aussi chez moi. J’ai le droit d’hĂ©berger qui je veux. Je t’informe, je ne te demande pas la permission. Wynette n’avait pas prononcĂ© un mot, et pourtant elle Ă©tait dĂ©jĂ  la mĂ©chante. Elle faillit rire. — Fais comme tu veux. Il avait dĂ» oublier : le condominium Ă©tait Ă  son nom. Mais s’il voulait que Lorelei reste, elle n’avait aucune envie de se battre pour ça. Elle se tourna et monta Ă  l’étage. Avec Lorelei dans les parages, l’attention de Noah ne se poserait jamais sur elle. Comme maintenant : il n’expliquait mĂȘme pas pourquoi il avait ratĂ© le rendez-vous. Tout ce qui l’occupait, c’était d’installer Lorelei. Il avait probablement oubliĂ© qu’ils Ă©taient censĂ©s aller chercher leur certificat de mariage aujourd’hui. Wynette n’attendait plus rien. AprĂšs sa douche, elle entendit des voix dans la piĂšce voisine. Noah avait cĂ©dĂ© la chambre principale Ă  Lorelei. Elle ne ressentit rien. MĂȘme s’ils dormaient ensemble, elle ne serait pas surprise. Elle pouvait l’accepter calmement. Une fois qu’elle l’avait lĂąchĂ©, ce qu’elle ne supportait pas autrefois n’avait plus d’importance. Elle s’en fichait vraiment. Elle se força Ă  se recentrer et glissa bientĂŽt vers le sommeil. Au moment oĂč elle allait s’endormir, elle sentit le matelas s’enfoncer. Une seconde plus tard, on la tira dans une Ă©treinte chaude. Son corps se crispa lĂ©gĂšrement. Noah l’enlaça Ă©troitement, enfouissant son visage dans son cou. — Je suis dĂ©solĂ©. Je ne voulais pas rater aujourd’hui. L’état de Lorelei est vraiment grave. Si j’étais arrivĂ© plus tard, elle n’aurait peut-ĂȘtre pas survĂ©cu. Il continua, la voix basse : — Wynette, je suis tout ce qu’elle a. Je ne peux pas l’abandonner. On va repousser le certificat. Quand elle ira mieux, on ira le chercher. — Je te ferai un mariage grandiose, je te le promets. Pendant qu’elle est ici, ne complique pas les choses. On s’occupe d’elle d’abord, d’accord ? Je me rattraperai. Il repoussait encore le certificat de mariage
 Ă  cause de Lorelei. Wynette resta calme. Un sourire lĂ©ger, moqueur, effleura ses lĂšvres. Chaque mot tournait autour de Lorelei. MĂȘme quand il baissait la voix, c’était pour s’assurer que Lorelei ne serait pas « embĂȘtĂ©e » par elle. Elle avait prĂ©vu de faire semblant de dormir, mais ĂȘtre tenue par lui lui donnait la nausĂ©e. Sans bruit, elle se dĂ©gagea de ses bras et lui tourna le dos. — Ce qu’il y a entre Lorelei et toi ne me regarde pas. Fais ce que tu veux. Tu n’as pas besoin de te justifier auprĂšs de moi. — Wynette. Son ton Ă©tait irritĂ©. Pour lui, ce n’était encore qu’une crise de jalousie. DĂšs que Lorelei Ă©tait impliquĂ©e, Wynette avait toujours cette pointe de sarcasme. Il estimait s’ĂȘtre dĂ©jĂ  assez rabaissĂ©. Si elle continuait, c’était puĂ©ril. Elle entendit la colĂšre dans sa voix, mais ne se retourna pas. Ça ne fit que l’énerver davantage. Il bondit hors du lit, le visage sombre, prĂȘt Ă  la sermonner. Mais avant qu’il ne puisse parler, la porte de la chambre s’ouvrit Ă  la volĂ©e. Une silhouette se prĂ©cipita et le serra fort par-derriĂšre.

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Chapter 1 Retardons le certificat de mariage — Je t’épouse. Debout devant les portes closes de la mairie, Wynette Jewell fixa l’entrĂ©e dĂ©serte et sortit son tĂ©lĂ©phone. Aujourd’hui, Noah Shepherd et elle Ă©taient censĂ©s aller retirer leur certificat de mariage. Elle avait attendu de 9 h Ă  17 h 30. Noah n’était jamais venu. C’était lui qui avait proposĂ© d’aller le chercher. Et c’était encore lui qui l’avait plantĂ©e. Pour la troisiĂšme fois. Wynette finit par abandonner et appela aussitĂŽt le plus grand rival de Noah : Adriel Gallagher. Elle se souvenait encore de la premiĂšre fois oĂč on l’avait laissĂ©e en plan Ă  la mairie. C’était ce jour-lĂ  qu’Adriel lui avait demandĂ© de l’épouser. Elle avait refusĂ©. La deuxiĂšme fois s’était terminĂ©e pareil. Et ce matin, Adriel lui avait encore envoyĂ© un message. Il lui avait demandĂ© de l’épouser. Cette fois, elle avait dit oui. Il y a quelques minutes Ă  peine, elle avait vu une nouvelle publication sur Instagram. De la premiĂšre femme que Noah avait aimĂ©e. Sur la photo, Noah Ă©tait assis bien droit Ă  une table, en train de couper une pomme avec soin. La lĂ©gende disait : — Chaque fois que j’ai besoin de lui, il est lĂ . VoilĂ  ce que ça fait d’ĂȘtre choisie. VoilĂ  ma paix intĂ©rieure. Wynette laissa Ă©chapper un petit rire moqueur. Elle appuya sur J’aime et commenta : [LiĂ©s pour la vie. Je vous souhaite l’éternitĂ© Ă  tous les deux.] À sa surprise, elle ne ressentit rien. Avant, elle aurait fait une capture d’écran et serait allĂ©e voir Noah en furie, exigeant des explications. Ça aurait fini en dispute violente. Et ça se terminait toujours par lui qui claquait la porte en partant. Mais lĂ , elle n’avait mĂȘme plus l’énergie d’ĂȘtre en colĂšre. Elle ne le voulait plus. Une voix Ă  l’autre bout du fil la ramena Ă  elle. — Je suis en dĂ©placement. Je rentre dans une semaine. Si tu le veux toujours, 9 h. Je t’attendrai Ă  la mairie. Les mots d’Adriel rĂ©sonnĂšrent Ă  son oreille. Ce n’est qu’à ce moment-lĂ  qu’elle comprit pourquoi l’homme qui, autrefois, l’avait attendue devant la mairie pour la demander en mariage, s’était contentĂ© aujourd’hui d’un simple message. Une semaine. Elle n’était pas idiote. Il lui laissait du temps : pour rĂ©gler les choses avec Noah, et pour se rĂ©tracter si elle changeait d’avis. — Je t’attendrai, murmura Wynette. Elle raccrocha et rentra en voiture. Elle vivait dans un condominium au charme vintage, en plein centre-ville. Quand Noah l’avait appris, il avait achetĂ© l’unitĂ© voisine et fait abattre le mur pour rĂ©unir les deux. MĂȘme sous le mĂȘme toit, ils avaient chacun leur espace. Quand Noah avait achetĂ© le condominium, il l’avait mis au nom de Wynette. Elle balaya l’immense appartement du regard. Chaque recoin portait la trace de leur relation : des photos, des objets assortis de couple, et mĂȘme l’amĂ©nagement avait Ă©tĂ© pensĂ© selon ses goĂ»ts Ă  lui. Ce qui avait ressemblĂ© au bonheur lui paraissait dĂ©sormais une farce. Il ne lui fallut que quelques heures pour rassembler tout ce qui avait un lien avec Noah et elle. Elle entassa le tout dans le dĂ©barras, dĂ©cidĂ©e Ă  tout jeter le lendemain. Face au condominium dĂ©sormais Ă  moitiĂ© vide, elle appela un agent immobilier et lui demanda de le mettre en vente. Si elle le laissait partir, il n’y avait aucune raison de garder quoi que ce soit qui la reliait Ă  lui. — Oui. Le prix m’importe peu. Je veux juste que ça parte vite, dit-elle d’un ton ferme quand l’agent hĂ©sita. — Vendre quoi ? Une voix familiĂšre s’éleva derriĂšre elle. Wynette se raidit. Elle raccrocha et se retourna. Noah — absent toute la journĂ©e — se tenait lĂ . — Une amie vend sa maison. Elle m’a demandĂ© un coup de main, rĂ©pondit-elle avec dĂ©sinvolture. Puis elle remarqua Lorelei Barlow derriĂšre lui. Son expression s’assombrit. Noah ignora la rĂ©ponse de Wynette et dĂ©clara, froidement : — La dĂ©pression de Lorelei a rechutĂ©. Je ne suis pas Ă  l’aise Ă  l’idĂ©e de la laisser seule, alors elle va rester ici quelques jours. PrĂ©pare la chambre d’amis. Pendant qu’il parlait, Lorelei s’agrippait nerveusement Ă  son bras, jetant Ă  Wynette un regard timide. — Noah, si ça dĂ©range, laisse tomber
 Wynette n’a pas l’air trĂšs contente. Une seule phrase, et la faute retombait dĂ©jĂ  sur Wynette — qui n’avait mĂȘme pas ouvert la bouche. Le visage de Noah se glaça. — Wynette, tes caprices ont des limites. Tu sais que Lorelei ne va pas bien, et pourtant tu as laissĂ© un commentaire pareil sous sa publication. Il enchaĂźna, sans lui laisser le temps de rĂ©pondre : — Et maintenant tu refuses mĂȘme qu’elle reste ici ? Depuis quand tu es devenue aussi dĂ©raisonnable ? Je n’aime pas les femmes mesquines. Il la coupa net. — N’oublie pas que c’est aussi chez moi. J’ai le droit d’hĂ©berger qui je veux. Je t’informe, je ne te demande pas la permission. Wynette n’avait pas prononcĂ© un mot, et pourtant elle Ă©tait dĂ©jĂ  la mĂ©chante. Elle faillit rire. — Fais comme tu veux. Il avait dĂ» oublier : le condominium Ă©tait Ă  son nom. Mais s’il voulait que Lorelei reste, elle n’avait aucune envie de se battre pour ça. Elle se tourna et monta Ă  l’étage. Avec Lorelei dans les parages, l’attention de Noah ne se poserait jamais sur elle. Comme maintenant : il n’expliquait mĂȘme pas pourquoi il avait ratĂ© le rendez-vous. Tout ce qui l’occupait, c’était d’installer Lorelei. Il avait probablement oubliĂ© qu’ils Ă©taient censĂ©s aller chercher leur certificat de mariage aujourd’hui. Wynette n’attendait plus rien. AprĂšs sa douche, elle entendit des voix dans la piĂšce voisine. Noah avait cĂ©dĂ© la chambre principale Ă  Lorelei. Elle ne ressentit rien. MĂȘme s’ils dormaient ensemble, elle ne serait pas surprise. Elle pouvait l’accepter calmement. Une fois qu’elle l’avait lĂąchĂ©, ce qu’elle ne supportait pas autrefois n’avait plus d’importance. Elle s’en fichait vraiment. Elle se força Ă  se recentrer et glissa bientĂŽt vers le sommeil. Au moment oĂč elle allait s’endormir, elle sentit le matelas s’enfoncer. Une seconde plus tard, on la tira dans une Ă©treinte chaude. Son corps se crispa lĂ©gĂšrement. Noah l’enlaça Ă©troitement, enfouissant son visage dans son cou. — Je suis dĂ©solĂ©. Je ne voulais pas rater aujourd’hui. L’état de Lorelei est vraiment grave. Si j’étais arrivĂ© plus tard, elle n’aurait peut-ĂȘtre pas survĂ©cu. Il continua, la voix basse : — Wynette, je suis tout ce qu’elle a. Je ne peux pas l’abandonner. On va repousser le certificat. Quand elle ira mieux, on ira le chercher. — Je te ferai un mariage grandiose, je te le promets. Pendant qu’elle est ici, ne complique pas les choses. On s’occupe d’elle d’abord, d’accord ? Je me rattraperai. Il repoussait encore le certificat de mariage
 Ă  cause de Lorelei. Wynette resta calme. Un sourire lĂ©ger, moqueur, effleura ses lĂšvres. Chaque mot tournait autour de Lorelei. MĂȘme quand il baissait la voix, c’était pour s’assurer que Lorelei ne serait pas « embĂȘtĂ©e » par elle. Elle avait prĂ©vu de faire semblant de dormir, mais ĂȘtre tenue par lui lui donnait la nausĂ©e. Sans bruit, elle se dĂ©gagea de ses bras et lui tourna le dos. — Ce qu’il y a entre Lorelei et toi ne me regarde pas. Fais ce que tu veux. Tu n’as pas besoin de te justifier auprĂšs de moi. — Wynette. Son ton Ă©tait irritĂ©. Pour lui, ce n’était encore qu’une crise de jalousie. DĂšs que Lorelei Ă©tait impliquĂ©e, Wynette avait toujours cette pointe de sarcasme. Il estimait s’ĂȘtre dĂ©jĂ  assez rabaissĂ©. Si elle continuait, c’était puĂ©ril. Elle entendit la colĂšre dans sa voix, mais ne se retourna pas. Ça ne fit que l’énerver davantage. Il bondit hors du lit, le visage sombre, prĂȘt Ă  la sermonner. Mais avant qu’il ne puisse parler, la porte de la chambre s’ouvrit Ă  la volĂ©e. Une silhouette se prĂ©cipita et le serra fort par-derriĂšre.

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 Wynette n’a pas l’air trĂšs contente. Une seule phrase, et la faute retombait dĂ©jĂ  sur Wynette — qui n’avait mĂȘme pas ouvert la bouche. Le visage de Noah se glaça. — Wynette, tes caprices ont des limites. Tu sais que Lorelei ne va pas bien, et pourtant tu as laissĂ© un commentaire pareil sous sa publication. Il enchaĂźna, sans lui laisser le temps de rĂ©pondre : — Et maintenant tu refuses mĂȘme qu’elle reste ici ? Depuis quand tu es devenue aussi dĂ©raisonnable ? Je n’aime pas les femmes mesquines. Il la coupa net. — N’oublie pas que c’est aussi chez moi. J’ai le droit d’hĂ©berger qui je veux. Je t’informe, je ne te demande pas la permission. Wynette n’avait pas prononcĂ© un mot, et pourtant elle Ă©tait dĂ©jĂ  la mĂ©chante. Elle faillit rire. — Fais comme tu veux. Il avait dĂ» oublier : le condominium Ă©tait Ă  son nom. Mais s’il voulait que Lorelei reste, elle n’avait aucune envie de se battre pour ça. Elle se tourna et monta Ă  l’étage. Avec Lorelei dans les parages, l’attention de Noah ne se poserait jamais sur elle. Comme maintenant : il n’expliquait mĂȘme pas pourquoi il avait ratĂ© le rendez-vous. Tout ce qui l’occupait, c’était d’installer Lorelei. Il avait probablement oubliĂ© qu’ils Ă©taient censĂ©s aller chercher leur certificat de mariage aujourd’hui. Wynette n’attendait plus rien. AprĂšs sa douche, elle entendit des voix dans la piĂšce voisine. Noah avait cĂ©dĂ© la chambre principale Ă  Lorelei. Elle ne ressentit rien. MĂȘme s’ils dormaient ensemble, elle ne serait pas surprise. Elle pouvait l’accepter calmement. Une fois qu’elle l’avait lĂąchĂ©, ce qu’elle ne supportait pas autrefois n’avait plus d’importance. Elle s’en fichait vraiment. Elle se força Ă  se recentrer et glissa bientĂŽt vers le sommeil. Au moment oĂč elle allait s’endormir, elle sentit le matelas s’enfoncer. Une seconde plus tard, on la tira dans une Ă©treinte chaude. Son corps se crispa lĂ©gĂšrement. Noah l’enlaça Ă©troitement, enfouissant son visage dans son cou. — Je suis dĂ©solĂ©. Je ne voulais pas rater aujourd’hui. L’état de Lorelei est vraiment grave. Si j’étais arrivĂ© plus tard, elle n’aurait peut-ĂȘtre pas survĂ©cu. Il continua, la voix basse : — Wynette, je suis tout ce qu’elle a. Je ne peux pas l’abandonner. On va repousser le certificat. Quand elle ira mieux, on ira le chercher. — Je te ferai un mariage grandiose, je te le promets. Pendant qu’elle est ici, ne complique pas les choses. On s’occupe d’elle d’abord, d’accord ? Je me rattraperai. Il repoussait encore le certificat de mariage
 Ă  cause de Lorelei. Wynette resta calme. Un sourire lĂ©ger, moqueur, effleura ses lĂšvres. Chaque mot tournait autour de Lorelei. MĂȘme quand il baissait la voix, c’était pour s’assurer que Lorelei ne serait pas « embĂȘtĂ©e » par elle. Elle avait prĂ©vu de faire semblant de dormir, mais ĂȘtre tenue par lui lui donnait la nausĂ©e. Sans bruit, elle se dĂ©gagea de ses bras et lui tourna le dos. — Ce qu’il y a entre Lorelei et toi ne me regarde pas. Fais ce que tu veux. Tu n’as pas besoin de te justifier auprĂšs de moi. — Wynette. Son ton Ă©tait irritĂ©. Pour lui, ce n’était encore qu’une crise de jalousie. DĂšs que Lorelei Ă©tait impliquĂ©e, Wynette avait toujours cette pointe de sarcasme. Il estimait s’ĂȘtre dĂ©jĂ  assez rabaissĂ©. Si elle continuait, c’était puĂ©ril. Elle entendit la colĂšre dans sa voix, mais ne se retourna pas. Ça ne fit que l’énerver davantage. Il bondit hors du lit, le visage sombre, prĂȘt Ă  la sermonner. Mais avant qu’il ne puisse parler, la porte de la chambre s’ouvrit Ă  la volĂ©e. Une silhouette se prĂ©cipita et le serra fort par-derriĂšre.

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